Salaün Mag 8
Salaün Magazine | Page 92 REPORTAGE | La Croatie pierre du grand livre du Moyen Âge cha- pitre par chapitre. Art roman, gothique, baroque, renaissance…les bâtisseurs, par- mi les plus prestigieux de leur temps, se sont succédé à Trogir sans jamais renier totalement les œuvres du passé. Pour s’en convaincre, il suffit de se hisser au sommet du campanile de la magnifique cathédrale Saint-Laurent, bâtie du xii e au xiv e siècles. De là, on aperçoit les portes monumentales de la ville fortifiée et d’in- nombrables demeures et palais élégants. De là-haut, on entend aussi monter d’in- trigantes polyphonies qui s’échappent des arcades jouxtant la tour de l’hor- loge. Elles naissent des cordes vocales des chanteurs de clapa, une tradition vocale présente dans tout le sud de la Croatie. Célébrant le pays, l’amour, le vin ou la mer, ces chansons expriment le carac- tère profondément rural et maritime de la Croatie. De Zadar à Dubrovnik, les chan- teurs de clapa, dont l’art vocal est pour sa part inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité, ajoutent une bonne dose de lyrisme à la visite des cités littorales. Malgré l’affluence touristique, Trogir est à la fois une cité vivante, commerçante et une halte idéale pour se restaurer et déguster les produits de la pêche lo- cale. C’est aussi un havre de choix pour les plaisanciers, qui y trouvent aussi un important marché. Le tourisme n’est d’ail- leurs pas la seule activité de Trogir : outre la pêche, la ville tire un revenu important de la construction navale. L’avenir dira si la privatisation récente du chantier local, qui emploie près de 1000 personnes, ga- rantira l’avenir de ce secteur hautement concurrentiel. Split, la ville palais À un jet de pierre au sud de Trogir, Split, la deuxième ville du pays, qui compte 500000 habitants, est peut-être la plus fascinante des villes croates, car son centre est situé au cœur d’un immense palais romain, celui de l’empereur Dio- clétien. Rivale de Zagreb, fièrement mé- diterranéenne, Split est aussi une ville étudiante qui ne dépend pas que du tou- risme. Si l’on connaît le nom de son cé- lèbre club de football, le Dynamo de Split, grand rival de Zagreb ou de Bel- grade, on ne sait pas toujours en re- vanche que la ville de Split est en réalité nichée au cœur d’un vaste palais ro- main. L’empereur Dioclétien y fit en ef- fet construire un palais pour sa retraite, à la fin du iii e siècle. Après la conversion de l’empire au christianisme, son ancien mausolée fut transformé en magnifique cathédrale, dédiée à Saint-Domnius. Du sommet, on obtient une vue époustou- flante sur le palais de Dioclétien et le grand port de Split. Le front de mer, où s’alignent restaurants et terrasses, est par- ticulièrement impressionnant car adossé à l’enceinte du palais. Ses murs renfer- ment des ruelles et places élégantes, en- tourées de nombreuses bâtisses colorées, construites à l’époque vénitienne. Comme les régions voisines, Split a aussi fait partie des provinces illyriennes briève- ment administrées par Napoléon de 1805 à 1813, comme en atteste une rue qui porte le nom du général Marmont. On continue ici à honorer la mémoire de ces Vue sur la ville de Split et le palais Dioclétien
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