Salaün Mag 6

Salaün Magazine | Page 91 Pamela Boyer, pilote de ligne Elle voulait être hôtesse de l’air « Quand j’étais jeune, je rêvais d’être hôtesse de l’air. C’est ma grand-mère qui m’a dit : « Hôtesse de l’air ? Et pourquoi pas, tant qu’à monter dans un avion, pilote de ligne ? Et j’ai suivi le conseil de ma grand-mère ! » Il lui faudra être patiente. Lorsqu’elle sort de l’Ecole de l’air de Toulouse, les compagnies ont fermé les portes. Trop de pilotes, pas assez d’avions… Qu’importe. Pamela entre à Air-France pour un emploi au sol. Elle s’occupe de logistique. « Une bonne expérience qui m’a permis de bien connaître le monde des aéroports. » Dès que la porte s’entrouvre, elle saute dans un cockpit. Pour son plus grand bonheur. « J’adore voler, j’adore le long courrier. C’est un bon rythme pour moi. Quand je suis à terre, je suis détendu et j’ai le temps de m’occuper de mes enfants. Aux commandes, je ne pense qu’à mon métier.» Un monde de machos, l’aviation ? « Pas vraiment et de moins en moins. De toute façon, je ne me laisse pas impressionner et je n’attache pas d’importance à ce que d’autres pourraient prendre comme des marques de sexisme. » Petite précision : son mari, Jérôme, est lui aussi pilote de ligne. «Nous voulons régulièrement ensemble. Et ça se passe très bien ! » Alexandrie, hôtesse de l’air « Un métier génial ! » Alexandrie – elle se vante d’être la seule à porter ce joli prénom à Air- France – est hôtesse de l’air depuis huit ans. « Avant je travaillais au sol. Puis j’ai eu envie de voir le monde, de prolonger le contact avec les clients. » Elle ne regrette rien. « Hôtesse de l’air, c’est un métier génial. Surtout en long-courrier. Quand je suis en repos, j’ai hâte de revenir au travail. » Les bons souvenirs ? Ils se bousculent dans sa tête. « J’ai fait des rencontres humaines extraordinaires. Avec certains passagers, j’ai créé des relations amicales qui durent depuis plusieurs années… » Sa destination préférée : « le Japon, Shanghaï, l’Île Maurice… » Alain Le Lédan, l’homme de l’Ouest A 54 ans, Alain Le Lédan – qui vit près de Lorient - a quelques heures de vol. Il a effectué le début de sa carrière dans l’Aéronavale, où il est entré à 16 ans et demi. Dont une douzaine d’années comme pilote et comman- dant de bord d’un Breguet Atlantic. En 1993, il quitte l’armée et entre sur concours à Air-France. Il entame alors une nouvelle carrière qui le mène aujourd’hui aux commandes d’un A 380. « Le long-courrier, c’est ce qui me plaît le plus. Je pourrais devenir commandant de bord en revenant quelques années en moyen-courrier. Ce serait un nouveau choix de vie… Je préfère rester sur A 380. » Ses destinations préférées : « j’aime bien suivre le soleil vers l’ouest. Los Angeles, Johannesburg… » Gilles Chaumont, chef de cabine principal Les yeux et les oreilles du commandant Dans les cabines, la plupart des passagers dorment. Seuls quelques hôtesses et stewards veillent à leur poste. Dans son bureau, près de la première classe, Gilles Chaumont ne dort pas, lui non plus. Il est le chef de cabine principal de ce vol. Il vole depuis 27 ans, tour à tour steward, chef de cabine et enfin chef de cabine principal. « Un CCP, c’est une sorte de contre-maître qui organise le travail du personnel navigant de cabine, les PNC. Nous sommes les yeux et les oreilles des pilotes. Nous leur rap- portons toutes les informations concernant la cabine en matière de sécu- rité. C’est une fonction très valorisante. » « L’A 380, c’est deux avions, un avion sur un autre. Il faut donc inciter le PNC (23 personnes au total) à se déplacer, à être très mobile. C’est d’autant plus important que les relations entre le PNC et les clients est, avec la « french touch » une des spécificités d’Air France. » A 53 ans, Gilles Chaumont n’éprouve en tout cas aucune lassitude. « Le long courrier, j’aime ça. Le rythme est moins fatigant que le moyen-courrier et permet de vraiment rencontrer les gens. » Sa destination préférée : « L’Argentine. Parce que ma passion, c’est le tango ! » PORTRAITS

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