Salaün Mag 6

Salaün Magazine | Page 75 CHINE CORÉE DU SUD CORÉE DU NORD JAPON RUSSIE Mer de l’Est / Mer du Japon Mer Jaune Pyongyang Séoul 38 e parallèle Nampo Sariwon Sinuiju Chongjin Hamhung Kumgangsang 200 km Montagne Sacrée Kaesong victoires, ses réalisations et ses grands hommes. Comme dans les anciens pays socialistes d’Europe de l’Est, on découvre ici les événements historiques qui ont conduit au changement de régime et à la légitimation de l’expérience commu- niste, notamment une lutte acharnée de libération nationale après un joug brutal imposé par l’occupant japonais. Les monuments et les bâtiments publics gigantesques dont la capitale nord-co- réenne s’enorgueillit (piscines, stades, parc d’attraction, bibliothèque nationale, etc.) forment le plus vaste musée à ciel ouvert d’architecture socialiste au monde. De plus, contrairement à bien des pays de l’ancien bloc, la plupart d’entre eux sont constamment rénovés ou complétés par de nouvelles réalisations. A Pyongyang, un vaste atelier de réalisations de sculptures et de fresques alimente d’ailleurs tout le pays. Le musée des Beaux-arts mérite une visite tout comme le musée d’histoire de la guerre de Corée, récemment rénové. Clou de la visite, un diorama animé repré- sentant la lutte de libération nationale. A ne pas manquer non plus, la visite du Pueblo, un navire espion américain cap- turé par l’armée nord-coréenne en 1968. Cet incident fit grand bruit à l’époque et provoqua des remous à l’intérieur comme à l’extérieur du bloc communiste. L’expo- sition et un petit film donnent la version nord-coréenne de l’événement. Selon le circuit que l’on choisit, le voyage en Corée du Nord s’étend au delà de Pyongyang et permet de découvrir des villes comme Nampo, Sariwon, où se trouvent plusieurs monuments d’impor- tance historique, les monts Kumgangsan ou montagnes de diamant, la zone démi- litarisée et la ville de Kaesong. Outre les monuments officiels, les écomusées, les temples ou tombeaux anciens, les visi- teurs peuvent aussi découvrir quelques entreprises nord-coréennes. Bien sûr le déroulement des visites et les échanges sont rigoureusement encadrés. Pour peu qu’on prenne le temps de l’écoute, qu’on comprenne le cadre imposé à ses guides, on parvient cependant à échanger de manière intéressante sur la vie quotidienne en Corée du Nord et même à tordre le cou à certains clichés, voire à vivre des moments étonnants. En partageant par exemple d’excellentes bières – produites sur place avec du matériel de brassage dernier cri – dans un bar de Pyongyang baptisé Le Paradis, à l’heure de l’apéritif. On y dépiaute des poissons séchés dans une ambiance décontractée. Nos voisins de table jouent aux cartes, la télé diffuse des images d’Arirang, le spec- tacle de gymnastique et de chorégraphie de masse qui évoque l’histoire du pays, exécuté par une centaine de milliers de participants, qui attire chaque année des visiteurs du monde entier. Au bar du Paradis, on fume tranquillement dans un décor boisé au charme suranné. On évoque la vie quotidienne et notamment le temps des moissons, auquel participent tous les nord-Coréens, même employés du tertiaire. Chaque été, il abandonnent leur costume pour prêter main forte aux paysans. Corée du Nord, Corée d’abord ! On aurait donc tort de croire que la découverte de la Corée du Nord ne se fait qu’au travers des visites de monuments hagiographiques. Découvrir ce pays, c’est en effet plonger dans un univers double- ment dépaysant : coréen et communiste, et, par conséquent, doublement éloigné du rythme, des modes et des habitudes de vie occidentales. Cela paraît évident mais certains l’ou- blient : un voyage en Corée du Nord en bas, le cimetière des Martyrs de la révolution, consacré aux combattants tombés dans la lutte contre l’occupation japonaise, de 1905 à 1945. Le Pueblo, navire espion américain capturé par les Nord-coréens en 1968. A droite, monument au Parti des travailleurs de Corée.

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