Salaün Mag 6

Salaün Magazine |  Page 70 qu’il en reste – qui serpentent en lacets. Cela nous donne tout le temps d’admirer à loisir ces majestueux paysages de mon- tagne. Et de saluer les nombreux tsiganes ramasseurs de champignons, plantés là, au bord de cet axe routier visiblement peu fréquenté, pour tenter de vendre leur cueillette de ceps. La nuit est déjà avancée lorsque nous atteignons le terme de cette journée, la ville de Radauti. Non sans avoir failli à plusieurs reprises emboutir des attelages de chevaux tirant des charrettes dépourvus de tout éclairage... A l’extrême nord-est, aux confins de la Roumanie et de l’Ukraine, la Buco- vine n’est pas en reste. De merveilleux monastères peints jalonnent cette terre de légendes et d’histoire. Le parcours de monastère en monastère permet ainsi de s’imprégner de fabuleux paysages et de surprenants villages. En Bucovine comme dans le Maramures, dans ces régions pré- servées de tout, les traditions perdurent et le passé culturel comme le brassage des populations n’ont fait qu’ajouter au caractère authentique. La Bucovine, entre couleurs et ferveur La Bucovine, avec son paysage vallonné et ses montagnes boisées, est en fait la partie nord de la principauté historique de Moldavie. La Moldavie dont une partie du ter- ritoire a échappé aux Roumains pour former un état indépendant, la République de Molda- vie. C’est une terre de légendes et de tradi- tions où la population reste très attachée à des métiers parfois ancestraux, aux défilés de fanfares, aux processions masquées. L’artisanat est bien évidemment marqué par tout ce qui touche au travail du bois. Et puis, il y a les œufs peints, les oua pictate (lire en encadré), dont la confection est perpétuée presque exclusivement par la minorité slavophone houtsoule. Ce qui frappe le regard de celui qui chemine en Bucovine, c’est la façon dont les paysans, sans l’aide de moyens techniques modernes, entretiennent la montagne. De véritables jardiniers des grands espaces, écologistes avant l’heure, soucieux de préserver cet environnement légué par leurs aïeux. On peut aisément dresser le même constat en parlant de tous ces villages aux habitations soignées et à la population accueillante. C’est de surcroît dans cette région que l’on déniche les plus beaux monastères peints. On peut dès lors parier que la Bucovine devienne une destination touristique prisée dans les années à venir. La construction des ces monastères aux XVe et XVIe siècles fit appel à un savant cocktail d’héritage byzantin (plan trilobé) et de gothique (contreforts), le tout revisité à la mode locale avec des clochers à base étoilée reposant sur des voutes moldaves! Mais ce sont assurément les peintures Ci-contre, à Rozalvea, l’intérieur de la petite église des Saints Archanges recèle de vieilles fresques peintes sur le bois. A droite, nombre de monastères comme ici à Humor, sont restaurés par des élèves de l’école des Beaux-Arts de Bucarest. Le monastère de Voronet, en BUCOVINE. LES merveilleuses peintures du Monastere de VORONET lui valent le surnom de «Chapelle Sixtine de l’Est»

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