Salaün Mag 6
Salaün Magazine | Page 45 distances. La route vers Tamatave traverse des pay- sages charmants dominés par le Ravinale, «l’arbre des voyageurs », une espèce endé- mique et l’un des principaux symboles malgaches. Il croît particulièrement bien sur les sols brûlés et défrichés et peut devenir envahissant. Ses différentes parties permettent cependant aux habitants de construire leurs cases végétales. Au-delà de Tamatave Tamatave, deuxième ville du pays et son premier port, est une étape intéressante sur la route du nord-est. Elle conserve un lointain parfum de l’époque coloniale, notamment quelques villas ou anciennes maisons de commerce largement délais- sées. Reconstruite suite à un terrible cyclone en 1927, elle possède un plan en damiers et de vastes avenues atypiques pour l’île. Avec sa rangée de paillottes et quelques manèges un peu vétustes, son front de mer, en face de l’immense port de commerce, possède un certain charme. Les pirogues à flotteur toisent les porte- conteneurs qu’on décharge de l’autre côté de la rade. De grandes affiches mettent en avant l’expertise de Bolloré logistique, fortement implanté dans l’île. Tamatave est une étape idéale sur la route du nord, particulièrement éprouvante jusqu’à Foulpointe, une station balnéaire prisée des Malgaches, mais quasiment isolée de Tamatave par l’état désastreux de la route au moment de notre passage. La faute aux Chinois, nous dit-on. Ils se sont installés dans la région pour exploiter l’ilménite et ont laissé sur la route des nids de poules qui ressemblent plutôt à des baignoires à éléphants. Interdits d’exploitation jusqu’à ce qu’ils la réparent, ils tardent à se mettre au travail. Il faut actuellement deux heures et demie pour parcourir 55 km, contre quarante minutes il y a quelques années. A la clé, une destination qui vaut le détour, le petit hôtel de bungalows de la Ruschia, à Fenerive-Est, le long d’un littoral tropical absolument vierge de construction, comme l’essentiel de la côte est. Les requins pré- sents au large sont maintenus à distance par une barrière de corail qui promet une baignade inoubliable. La nôtre sera en nocturne après avoir dégusté une noix de coco et un rhum arrangé servis par le patron de la Ruschia, un francophile affable, ancien cadre au port de commerce de Tamatave. De la Ruschia, le gros bourg de Fenerive- Est, capitale de cette région agricole, maritime et fluviale, n’est qu’à un jet de pierre. A travers la végétation luxuriante de la magnifique route côtière, on distingue les pirogues à voile qui sortent pêcher. Après une visite au conservatoire de la biodiversité de la forêt de Tampolo et un déjeuner dans le village de Soanerania Ivongo, nous embarquons sur le bateau d’Amitié Madagascar-Bretagne, pour remonter le fleuve Marimbona et visiter les villages où ont été installés des puits. Les dernières maisons sur pilotis de Soane- riania disparaissent dans notre dos. Face à nous, un sublime paysage de mangrove. Ici et là, des femmes et des enfants font la lessive dans la rivière, des zébus paissent en arrière-plan. Des piroguiers vont tran- quillement entre les En haut, spectacle de bienvenue à Maintinandry. En bas, la bibliothèque de Soanerania Ivongo, qui propose de nombreux ouvrages en français, reçoit le soutien d’Amitié Madagascar- Bretagne.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTg1ODM2Mw==