Salaün Mag 6

Salaün Magazine | Page 39 Le marché flottant de Damnoen Saduak A quatre vingt-dix kilomètres à l’ouest, le mar- ché flottant de Damnoen Saduak est la princi- pale escapade verte à portée de la trépidante Bangkok. On le rejoint par bus ou taxis collec- tifs pour une balade en pirogue ou longue-queue au milieu des bateaux colorés de vendeuses des quatre- saisons et souvenirs. Partout dans la capitale, il y a toujours un chauffeur ou une agence prêt à proposer cette excursion et il serait dommage de s’en priver. « C’est un passage obligé pour les touristes mais aussi un des endroits préférés des Bangkokois qui viennent en famille pique-niquer au bord du klong, raconte Shiva, pimpante guide au rire quasi permanent. Moi, je suis originaire de Chiang Maï dans le nord et la première fois que je suis venue ici, j’ai été éblouie. Je comprends que les étrangers adorent ce lieu. » On entend parfois certains touristes dire que le marché aurait perdu de son authenticité à cause de l’afflux de touristes... dont ils sont. Mais il n’en est rien. En le rejoignant d’un embarcadère plus éloigné, la visite débute alors par une promenade nautique entre habi- tations traditionnelles sur pilotis. Avec salut amical des occupants. Puis, à l’approche du marché, voici les pre- mières embarcations de marchandes coiffées de leur chapeau de paille, pagayant vers le lieu de ralliement. Sur les côtés, de petits chantiers navals réparent les bateaux superposés en plusieurs étages. La porte du marché se franchit sous le regard, comme il se doit, du roi et son épouse. Au plus fort de l’affluence, en fin de matinée, c’est un joyeux embouteillage de barques, vendeuses et touristes mélangés. Ici des bananes gril- lées, là de la soupe de poulet, des nouilles au poisson, des légumes en vrac, des fruits séchés, des fleurs, et bien sûr des chapeaux, tongs, cartes postales... Depuis les bateaux, les marchandes livrent les clients du bord par gobelets au bout de longues perches. Le vrai plaisir est de cheminer à terre sur les quais pour ne rien perdre du spectacle et surtout s’arrêter savourer un bol de riz et son accompagnement du jour au gré de l’inspiration de la cuisinière. Un repas de roi dans un environnement inoubliable pour une centaine de baths, deux euros cinquante ! Sur leurs pirogues effilées, les marchandes conjuguent équilibre et cuisine.

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