Salaün Mag 6
Salaün Magazine | Page 33 domination espagnole fut remplacée au début du XX e siècle par celle des grands propriétaires, qu’on appelait les grands barons de l’étain. En 1952, les mines furent nationalisées avec la création de la Comibol, la coopérative minière de Bolivie. Mais à la fin des années 1980, la chute des cours envoya au chômage la plus grande partie des mineurs. Depuis ce temps ils se regroupent en coopératives privées dont la rentabilité fluctue au gré des cours des métaux. Aujourd’hui, près de dix mille personnes travaillent encore dans les entrailles de cette montagne qui compte plus de deux cents mines en fonc- tionnement sur une trentaine de niveaux. La montagne magique s’est transformée en un véritable gruyère, à la structure fragilisée par plus de cinq mille puits creusés au fil des siècles d’exploitation. Chaque année, les éboulements sont de plus en plus nombreux et le Cerro Rico s’affaisse, inexorablement. Si Potosi représente la richesse du passé, un autre site, distant de cent cinquante kilomètres pourrait bien renfermer celle de l’avenir. Il s’agit du Salar d’Uyuni, un immense lac salé qui s’étend au bord de la ville éponyme. Ce chef d’œuvre naturel de plus de 10000 km 2 , curiosité touristique majeure de la région, recèle en son sous-sol l’une des plus grandes réserves mondiales de lithium, un métal particulièrement convoité par les fabricants de téléphone portables et de voiture électriques pour la fabrication des batteries. Le président bolivien, Evo Morales, a bien l’intention de le garder sous contrôle de l’Etat et de s’appuyer sur cette ressource pour permettre le développement du pays, qui reste le plus pauvre de l’Amérique latine. Retrouvez nos circuits Bolivie dans notre catalogue 2014 ou sur www.salaun-holi- days.com Ci-dessus, la ville de Potosi, depuis les toits du couvent San Francisco. A 4 090 m d’altitude, c’est la ville la plus haute du monde avec El Alto, près de la Paz. Ci-contre, le Salar d’Uyuni, dans le département de Potosi. C’est le plus vaste désert de sel au monde. Au centre du salar, l’île d’Incawasi, isolée dans l’immensité blanche, dresse vers le ciel ses cactus candélabres dont certains sont agés de plus de mille ans.
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