Salaün Mag 6

Salaün Magazine |  Page 29 elle cherche un mari, ou encore si elle a un rôle important dans la communauté. Taquile fut l’un des derniers bastions à résister à la colonisation espagnole. Elle a conservé une organisation sociale basée sur le collectivisme communautaire et sur un code moral : ne sois pas bandit, ne sois pas menteur, ne sois pas paresseux. Avant de regagner Puno, la principale ville péruvienne sur le lac Titicaca, le bateau fait escale dans ce qui est devenue l’une des attractions majeures du lac, les îles flottantes Uros. Qui au passage ne sont pas peuplées d’Indiens Uros, dont les derniers représentants auraient disparu dans les années 50. A l’origine, avant l’arrivée des Incas, les Uros vivaient sur les lacs du Pérou et de la Bolivie. Sur le Titicaca, ils ont découvert un matériau compact et flottant, la totora, une plante qui s’apparente au roseau qu’ils ont amalgamée, compressée, pour former des petites îles. Aujourd’hui, elles sont habitées par des indiens Aymaras qui ont su perpétuer la technique des Uros concernant le travail de la totora. Tres- sée, tissée, elle permet de construire les murs et le toit des maisons, ainsi que les balsas, les bateaux qui permettaient aux habitants de voyager sur le lac. Séchée, elle fournit un parfait combustible. Pêcheurs à l’origine, les occupants de ces îles vivent aujourd’hui essentiellement du tourisme. Chaque jour, pendant la haute saison, des centaines d’embarcations déversent un flot de voyageurs par petits groupes sur les différentes îles où leur sont proposées différentes pièces d’artisanat de totora. Même si la beauté du lac semble paradi- siaque, tout n’est pas « bleu » au Titicaca. En 2012, il a été déclaré lac menacé par l’organisation allemande Global Nature Found, à cause d’une pollution crois- sante, tant du côté bolivien que péruvien. Il faudra une réelle volonté politique de la part des deux Etats pour inverser la situation. Retrouvez nos circuits Pérou dans notre catalogue 2014 ou sur le site www.salaun-holidays.com SUR L’ÎLE DE TAQUILE, LES MOTIFS, LA COULEUR ET LA FAÇON DE PORTER LES BONNETS SONT AUTANT DE SYMBOLES sociaux À DÉCODER. Page de gauche, les îles Uros, près de Puno. Les Aymaras sont passés maitres dans l’art de travailler la totora, une sorte de roseau qui pousse sur les rives du lac. En haut, sur l’île de Taquile, ce sont les hommes qui manient l’aiguille à tricoter. A gauche, accosté à une île, le bateau traditionnel en totora des Indiens Uros. Ci-dessus, du sommet de l’île d’Amantani, la cordillère royale de Bolivie.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTg1ODM2Mw==