Salaün Mag 5

Salaün Magazine |  Page 43 Symphony Hall, dans l’Upper West Side. Traditionnellement, c’est à Mick Moloney, célèbre musicien et universitaire irlan- dais vivant aux Etats-Unis que revient la mission de concocter un programme rassemblant quelques-uns des meilleurs musiciens irlandais d’Amérique du Nord et au-delà. Signe d’ouverture, cette année, l’affiche faisait la part belle à un groupe d’interprètes de musique Old Time, des Appalaches. Par l’entremise de Charles Kergaravat, les artistes bretons ont également figuré à l’affiche du concert et donné une prestation qui a suscité l’enthousiasme des New-Yorkais. « Il s’agit d’une performance très spéciale, qu’aucun d’entre vous n’a jamais vu, a lancé Mick Moloney, pendant que les musiciens bre- tons s’installaient. Les artistes que vous allez voir représentent la culture celtique continentale et possèdent des traditions très originales comme le Kan ha diskan et les couples d’instruments bombarde et biniou. C’est un pays remarquable par sa culture, ses paysages ses traditions musicales et aussi sa gastronomie… ». La stupeur initiale, au moment où les premières notes de bombardes ont réson- né dans la salle, a rapidement fait place à un enthousiasme de plus en plus débri- dé au fil des morceaux. Au son des cris et des sifflets d’encouragements, les danseurs ont entraîné de nombreux spec- tateurs dans la danse et mis le feu à l’auditoire un brin pincé jusqu’ici. « C’est typiquement américain, explique Charles Kergaravat, ici tout le monde accepte toutes les formes d’art ou de culture, pourvu que la qualité soit là. A New-York, on est habitué à voir le meilleur du meil- leur. Chaque forme d’expression culturelle, chaque communauté a sa place. Je suis né aux Etats-Unis et pendant longtemps, malgré le nombre d’immigrants, la Bre- tagne n’existait pas aux Etats-Unis parce que personne ne savait qu’elle existait. C’est donc important pour moi de faire en sorte qu’on la voit, qu’on en parle, qu’on puisse donner aux gens d’ici à vivre les moments que je vivais petit en allant au festival de Cornouailles et qui me donnaient des frissons. A travers la Saint- Patrick, nous avons prouvé que les Bretons ont leur place ici, sur la v e avenue, comme partout dans le monde. Si tu réussis à New-York, tu peux réussir partout… » Découvrez nos nombreux circuits New- Yorket lesEtats-Unis sur notrecatalogue 2013 et sur le sitewww.salaun-holidays. com. A découvrir notamment dans notre catalogue fêteset réveillons, nos séjours Saint-PatrickàDublindans vos agences Salaün Holidays. L es Irlandais ne constituent qu’une des nom- breuses communautés visibles à New-York. A Manhattan, il y a bien sûr le quartier noir de Harlem, au nord de Central Park. Au-delà, c’est le Bronx, un borrough immense et multiculturel. Une simple visite des quar- tiers qui se trouvent au-delà de l’East River suffit pour mesurer la diversité étourdissante des communautés qui forment la population de New-York. Williamsbourgh à l’ouest de Brooklyn. Le long des trottoirs abimés, des hordes de fêtards passent de bar en bar. Il y a un petit parfum d’Amérique du sud dans ce quartier hyper animé en soirée. A la différence près qu’on y trouve un mélange unique de bikers, de touristes européens, de fans de Heavy metal, de latinos, de vieux hippies, de Juifs ashkénazes avec leurs longues tresses ou encore de hispters , les bobos d’ici. Un faux air de Berlin aussi, avec ses enfilades de supérettes bios et de loft d’artistes aux murs décorés. Dans la journée, on s’amusera d’y voir les traditionna- listes juifs baisser le regard au passage de cyclistes en mini-jupe et d’une foule d’autres détails qui nourrissent les contrastes et le charme de ces quartiers métissés. L’insularité du cœur de New-York donne au Queens à Brooklyn ou au Bronx le statut de presqu’îles. Ce n’est d’ailleurs que lorsque les premiers ponts ont été construits que les Manhattanites ont commencé à quitter l’île où s’étaient installés les premiers colons hol- landais, délogeant ainsi les autochtones amérindiens, qui lui avait donné son nom. Avant d’être eux-mêmes surpassés en nombre par les Anglais. Habités par les premiers immigrants à avoir eu les moyens de quitter les rues surpeuplées et insalubres de Manhattan, comme celles du Lower East side, les quartiers qui s’étendent de l’autre côté de l’East River, Queens, Brooklyn et au-delà, lui sont intimement liés par l’histoire et l’imaginaire. Les Juifs, les Irlandais ou les Italiens qui ont les premiers passé le pont ont été suivis par des communautés du monde entier. Tandis que Manhattan s’assagit dans l’opulence, se « gentrifie » comme on dit ici, au-delà des ponts, des communautés asiatiques, juives, latino ou musulmanes s’étendent et ren- forcent la dimension multiculturelle de la cité. Des études ont d’ailleurs montré que c’est surtout grâce à l’immigration, qui a fortement repris dans les années 1990, que la ville a connu un renouveau spectaculaire à la fin du siècle. Un séjour prolongé à New-York ne peut en tout cas aujourd’hui plus se limiter à Manhattan. Au-delà de Manhattan, une mosaïque de communautés Café branché dans Williamsburgh, un quartier de Brooklyn.

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