Salaün Mag 5
Salaün Magazine | Page 41 formant même des célèbres gangs à la fin du xix e et début du xx e est cependant révolu. Au fil des ans, ils ont largement alimenté les rangs des corps de métiers les plus populaires à New-York, notamment les pompiers, la police et les ouvriers du port. Il sont de ce fait aimés et exercent une influence importante sur les médias, la vie politique – les habitants de la ville élisent régulièrement des maires irlandais - mais aussi la finance et le sport. Ils ont évidemment une place proéminente dans les affaires de l’église catholique et plu- sieurs de leurs lieux de culte font partie des monuments New-Yorkais, notamment la cathédrale Saint-Patrick, de style néo- gothique, terminée à la fin du xix e siècle, qui s’élève sur la v e avenue. L’ancienne cathédrale, plus vieille de quelques décen- nies, détruite puis reconstruite, est encore visible dans Soho, sur Mott Street. Père de tous les défilés On aurait tort de sous-estimer l’impor- tance des festivités de la Saint-Patrick à New-York. Même en Irlande, où l’on taquine souvent les « FBI », Foreign born Irish (Irlandais nés à l’étranger), pour leur obsession généalogique, on s’étonne de la ferveur avec laquelle les Américains célèbrent la Saint-Patrick. Les chiffres sont impressionnants : 250 000 participants au défilé sur la v e avenue, deux à trois millions de spectateurs, auxquels il faut ajouter plusieurs millions à la télévision. Tout a d’ailleurs commencé à New- York, en 1762, par un rassemblement de rebelles émigrés et de militaires irlandais dans l’armée coloniale britannique. Cette année-là, le 17 mars, arborant les couleurs nationales interdites par les Anglais en Irlande, ils se sont rassemblés en bas de l’avenue de Broadway et ont entonné des chants patriotiques. Devenu rituel, ce rassemblement a pris la forme d’un défilé au milieu du xix e siècle. De New-York, il a ensuite essaimé dans le monde en entier. Les premières parades officielles n’ont d’ailleurs eu lieu dans l’Etat libre d’Irlande qu’à partir des années 1930. Simple défilé pendant des décennies, à Dublin, la Saint-Patrick est aujourd’hui un grand festival culturel qui associe du théâtre, du cirque, un feu d’artifice et des concerts à une grande parade très colorée. A New-York, berceau de la parade, on est resté fidèle aux origines. Aucun char ni véhicule n’est admis. L’organisation est impeccable et ne laisse aucune place à l’improvisation. New-York, un rêve armoricain Succession de pipe-bands ou de fanfares des régiments militaires, des pompiers, de la police, des associations culturelles et caritatives, ou d’autres corporations : la parade new-yorkaise a peu de choses à voir avec le défilé bigarré de Dublin ou le défilé interceltique de Lorient. C’est dire si lors de la dernière édition, en mars 2013, la présence d’un imposant contingent de sonneurs et danseurs bretons sur la v e avenue en 2013 n’est pas passée inaperçue. Les réaction enthousiastes des spectateurs massés derrière les barrières de sécurité en témoignaient. On doit ce joli coup de projecteur mis sur la Bretagne à l’asso- ciation BZH-New-York, qui regroupe les Bretons installés dans cette ville. Après la Kevrenn Alre en 2007, Saint-Nazaire en 2009 et Plougastel-Daoulas en 2011, 250 000 personnes participent au défilé, devant dEux à trois millions de spectateurs. En haut le bagad du Moulin vert sur la v e avenue avec l’Empire State building en arrière-plan. Ci-contre, les danseurs quimpérois devant la cathédrale Saint-Patrick, emblématique du New-York irlandais. A gauche, les musiciens du cercle.
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