Salaün Mag 5

Salaün Magazine |  Page 39 Le souvenir d’une nuit où la communauté bretonne de New-York fêtait la Saint-Yves en musique - à l’image des Irlandais qui y fêtent massivement la Saint-Patrick - n’a pas entamé ma détermination à courir le célèbre Marathon Mile, un parcours de jogging autour d’un des réservoirs de Central Park, rendu célèbre par de nombreux films, dont Marathon Man, où l’on y voit Dustin Hoffman s’entraîner. Courir est d’ailleurs un bon moyen de découvrir Central Park, qui s’étend sur quatre kilomètres du nord au sud et un kilomètre d’ouest en est. Dans un état pitoyable au début des années 1980, comme de nombreux quartiers de New-York, il a été largement restauré en faisant appel à des fonds privés. Même s’il est loin d’être le seul grand parc de la ville, le poumon de Manhattan est redevenu un lieu prisé des New-yorkais qui y pratiquent de nombreux sports, comme des touristes. Sur ses grandes prairies, des centaines de Manhattanites y bronzent en toute insouciance, tandis que d’autres y jouent au frisbee, pratiquent le taïchi, peignent ou prennent des cours de gym collectifs. Les notes d’un saxophone s’échappent du kiosque où sont donnés les concerts baptisés « Jazz on the Park » et s’élèvent au-dessus d’un curieux château victorien, des prairies, des bois et des lacs artificiels qui occupent la partie centrale de Manhattan, entre Harlem et Midtown. Le parc est lui-même longé par une avenue surnommée le museum mile, car on y trouve plusieurs musées, dont le Guggenheim, consacré à l’art contemporain, ainsi que le célèbre Metropolitan Museum. Le muséum d’histoire naturelle et son planétarium s’ouvrent eux aussi sur Central Park. A l’est du parc, le quartier le plus huppé de la capitale, l’Upper East Side dégage une ambiance propre et policée. Ce n’est probablement pas le meilleur endroit pour sonder l’âme new-yorkaise. A moins de croiser Woody Allen qui y joue de la clarinette avec son groupe de jazz les lundis soir, à l’hôtel Carlyle. Entre Midtown et Harlem, Un monde à park… Madison Square Gardens, sont le paradis des shoppers , qui ne manquent pas de visiter Macy’s, le plus grand magasin du monde. Pour le luxe, la 5e avenue abrite les plus grandes enseignes, mais n’offre pas le même dépaysement que les plus populaires 7e et 8e avenues. Des musées incontournables Critiqué par ses détracteurs car il est emblématique du Manhattan des années 2000, dominé par la mode, les galeries d’art, la gastronomie et les hôtels branchés, le Meatpacking district, à deux pas de Chelsea est devenu l’endroit à la mode. Des potagers bios installés sur les toits alimentent des restaurants branchés, des visites guidées de galeries d’art à la mode ont lieu chaque mois et la foule se presse sur l’ancienne voie ferrée aérienne, la High line, qui a fait l’objet d’une très belle restauration et permet de surplomber tout le quartier.New-York peut s’enorgueillir de quelques uns des plus beaux musées au monde. Au rang des incontournables, le Metropolitan, le Louvre local, où sont présentées des œuvres majeures de l’his- toire de l’art européen, américain, mais aussi africain ou indonésien. Le Musée d’Art moderne, baptisé MoMa est lui aussi un des plus fascinants de la planète. Il est particulièrement intéressant pour comprendre l’émergence de l’art américain à l’issue de la deuxième guerre mondiale. On y trouve de nombreuses œuvres des Pollock et de Warhol, à côté de chefs d’œuvres du monde entier. Le musée Guggenheim ne fera en revanche pas autant impression aux Européens qui connaissent celui de Bilbao, dont l’archi- tecture est plus impressionnante, mais selon les expositions en cours, il vaut néanmoins le détour. Que l’on découvre sa skyline, sa ligne d’horizon, découpée par les gratte-ciels à travers les hublots de l’avion, du haut du Rockfeller ou à bord d’un voilier ou un kayak sur la rivière Hudson, voire d’un simple balcon d’hôtel, New-York offre un panorama urbain à couper le souffle, à nul autre pareil. Plus on y pénètre, plus on se laisse envahir par son cosmopolitisme radical, plus on ressent l’étrange impression de faire partie de cet univers qui balance entre l’affirmation décom- plexée des différences et en même temps la réunion de tous autour de valeurs et de réfé- rences qui tendent à devenir celles de l’humanité entière. On peut le déplorer voir le craindre, comme ceux qui s’en sont violemment pris à New-York il y a douze ans. On peut aussi en tirer une réelle ivresse, éprouver un sentiment de liberté, l’impression d’entrer en commu- nion avec un échantillon humain d’une largeur inédite, se laisser aller à penser que dans les rues de New-York, le concept même d’humanité devient tangible…Une chose est en tout cas indéniable : New- York est aussi la capitale d’une certaine mondialisation des âmes. Vu du pont de Broolklyn ou de la terrasse de l’Empire sate building, le temps d’un voyage, le reste du monde apparaît alors comme une vaste province. La notre. Une des nombreuses prairies de Central Park

RkJQdWJsaXNoZXIy MTg1ODM2Mw==