Salaün Mag 11

Salaün Magazine | Page 96 jeudi Rome donc. La chrétienne, cette fois. Un orage menace et l'abri promis par les basiliques nous donne l'espoir de passer entre les gouttes. Promesse tenue, Dieu merci ! Voici donc pour débuter la belle Saint-Jean-de-Latran, une des 4 basi- liques majeures de Rome et la première pour toute la chré- tienté. De son nom complet “basilique du Très-Saint-Sauveur et des saints Jean-Baptiste et Jean l'Évangéliste au Latran”, elle fut en effet la toute première église construite au monde en 320, sur la colline de Latran, et porte sur son fronton l'inscription latine Omnium urbis et orbis ecclesarium ma- ter et caput (mère et tête de toutes les églises de la ville et du monde). Elle est toujours l'église cathédrale de l'évêque de Rome – du pape, donc – et un peu des touristes français que nous sommes ce jour-là : depuis Henri IV, en remercie- ment d'avoir préservé des rentrées d'argent, le dirigeant de la France est chanoine d'honneur de Latran. Nos Présidents de la République portent ce titre, et celui au pouvoir à Paris est le seul être humain à posséder le droit de rentrer dans la basi- lique à cheval. Ce que, sauf erreur de ma part, aucun d'entre eux n'a encore pratiqué… Tant mieux, car le lieu majestueux inspire respect même aux plus mécréants de notre groupe. Il en sera ainsi à Sainte-Marie-Majeure, autre majeure, où la nativité est célébrée dans tous les arts. Dans le marbre, pour une statue agenouillée plus grande que nature de Pie IX, le saint pape, dernier souverain des États de l'Église et déten- teur du record de longévité en fonction (1846-1878). Normal, c'est lui qui instaura définitivement le principe de l'Immacu- lée Conception de la Vierge Marie, mère par la seule voie di- vine. Pie IX restera du coup dans la petite histoire pour avoir pris un marteau et un burin pour émasculer lui-même les sta- tues de pierre des plus grands artistes qui ornaient le Vatican et leur faire installer une feuille de vigne… Au coin d'une rue, notre papamobile grand format nous attend pour la dernière étape du jour, espérée avec impatience par beaucoup : le Va- tican. De l'extérieur, pas de vraie surprise car tout le monde a déjà vu des images de la célèbre place. “Elle fait plus petite qu'à la télé, glisse Françoise. Mais c'est grand quant même !” Débute alors la procession pour accéder à Saint-Pierre : une porte pour entrer, une autre pour sortir de l'autre bord de la façade. Et entre les deux, une foule bigarrée de toutes natio- nalités, Asiatiques greffés d'un portable pour appareil photo en masse. Le décor est grandiose, sauf pour les pieds piétinés en permanence par des sandales étrangères plus ou moins courtoises. Gros succès pour les splendides coupoles en lu- mières ou trompe-l'œil, la Pietà de Michel-Ange et le tom- beau de Jean-Paul II, la star papale. Gardes suisses et vigiles en Ray-Ban en ont vu d'autres et font manœuvrer le troupeau de visiteurs comme à la manœuvre. Dans la foule, j'ai égaré la casquette que je tenais à la main. Interdiction de faire 2m en arrière pour la ramasser au sol… Si, un jour, vous voyez le pape François avec, merci de me prévenir. À gauche : la Basilique Saint-Pierre du Vatican, c’est un flot continu de visiteurs qui se pressent tout au long de la journée.

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