Salaün Mag 11

Salaün Magazine | Page 9 un village authentique Comme la plupart des villages de la région, XómAi ne compte pas plus de 500 habitants, résidant dans une cinquantaine de grandes maisons rectangulaires construites sur pilotis. Leurs toitures, couvertes de tuiles ou feuilles de palmes, ainsi que leurs intérieurs sont méthodiquement agencés. On accède par un escalier à une grande pièce de vie et de travail où un espace est délimité pour cuisiner au feu de bois. Le jour de notre passage, assis sur une natte, nous avons pris le thé avec un habitant qui ramendait ses filets à la lumière de la fenêtre. Le feu crépitait dans l’âtre, les silences et les regards doux et francs de nos hôtes donnaient grâce à ce moment exceptionnel. Situé au bord d’une rivière dans laquelle les enfants jouent, le village de Xóm Ai est rafraîchi par l’altitude et une riche vé- gétation. Les animaux divaguent librement et les villageois qui ne sont pas dans les rizières trottinent sereinement, fen- dant les bambous dont ils font de multiples usages. “Nous avons choisi ce village pour son authenticité, explique Toan N’Guyen, le directeur d’Images Vietnam, qui a monté ce projet de tourisme solidaire avec Salaün Holidays. Il est très authentique, se trouve dans un environnement superbe et est assez facile d’accès par la route. Ce n’est pas évident de trouver une communauté pour ce type de projets. Dans beau- coup de villages, les gens, en particulier les jeunes, préfèrent se tourner vers la ville pour y vivre et y gagner de l’argent le plus rapidement possible. Le tourisme durable n’est pas une priorité pour eux.” À voir l’ardeur avec laquelle les danseurs exécutent un spec- tacle de danse traditionnelle muong, on comprend que la ve- nue des visiteurs revêt une importance particulière pour le village. “Xóm Ai est un village actif, poursuit Toan N’Guyen. Le chef du village mise sur ce projet pour préserver et per- mettre la transmission de la culture traditionnelle.” Aux pre- miers temps du projet, Image Vietnam a dû faire appel à une guide venant de la ville voisine pour servir d’interface avec les gens du village. Depuis, Thao, une membre de l’équipe “folklorique” s’est prise au jeu et assure elle-même les visites. “L’équipe de danseurs s’est sentie valorisée par les visiteurs et n’a cessé de s’étoffer. Aujourd’hui, les danseuses rêvent d’obtenir un premier prix au festival culturel Muong qui a lieu en février.” En 2016, près de 800 visiteurs européens ont découvert le vil- lage et sa culture. Cette année, leur nombre devrait dépasser le millier, soit une quarantaine de groupes. Grâce à ce projet, des maisons ont pu être équipées pour héberger des touristes, des toilettes modernes ont été installées, un chemin a été ci- menté et les menus préparés par les villageois sont payés plus cher qu’aux restaurants classiques. Dans le sillage de ce pro- jet, Xóm Ai a été classé dans la liste des “vingt villages tradi- tionnels des ethnies” recensés dans le pays. La dimension rai- sonnée et surtout culturelle du projet a aussi attiré l’attention des autorités provinciales, qui viennent de construire un pont plus solide pour accéder au village. Même le Premier ministre a fait un détour par Xóm Ai en mai dernier. En haut : maison traditionnelle muong sur pilotis, comme on en voit beaucoup dans les régions montagneuses habitées par les Muongs. En bas : Michel Salaün, Président du Groupe Salaün, et l’équipe d’Images Vietnam sont mobilisés sur cette opération de tourisme solidaire depuis plusieurs années.

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