Salaün Mag 11

Salaün Magazine | Page 63 à chiraz , le vin a été tiré Chiraz est une jolie porte d’entrée en Iran. On dit d’elle qu’elle est la ville la plus persane du pays, la ville des poètes et des philosophes, et qu’elle compte les femmes les plus belles. Il est vrai que Chiraz ne manque pas de charme, avec ses parcs verdoyants, ses mosquées et mausolées aux couleurs pastel, sans oublier les tombeaux de Hafez et Saadi, les deux plus grands poètes et philosophes persans, qui reposent là, à l’ombre des cyprès. Dans ce pays de grande culture, ils sont l’objet d’une vénération impressionnante. Moraliste réputé, Saadi a inspiré Jean de La Fontaine, et son œuvre la plus connue, le Golestan (“Le Jardin des roses”), est une sorte de traité du bonheur qui ne se gagne que dans la modération et la vertu. Hafez, né à Chiraz au début du xiv e siècle, suit la même tra- dition et prône un hédonisme épicurien et raisonné – “sa- tisfais-toi de ce qui t’a été donné”. Dans la meilleure veine persane, il chante le vin, l’amour, les plaisirs de la terre… Le vin, notamment, était constamment présent dans la lit- térature et la vie de l’ancienne Perse. On le retrouve dans les poèmes et les récits historiques, dans les bas-reliefs de Persépolis, et il honorait de sa présence toutes les fêtes et les cérémonies. Il n’y avait plus noble cadeau qu’une amphore de vin. “Bois du vin. Déjà ton nom quitte ce monde quand le vin coule dans ton cœur, toute tristesse disparaît”, chantait, au xii e siècle, le poète Omar Khayyamdans ses célèbres Rubâi’yât ( Les Quatrains ). C’était le bon temps! Chiraz était couvert de En haut : à Chiraz, les jardins et le mausolée de Hafez, l’un des plus poètes persans. C’est un vrai lieu de pèlerinage et de recueillement pour les Iraniens qui lui vouent une véritable vénération. En bas : une étudiante en beaux-arts travaille sur les peintures murales d’un temple de Chiraz. Et il y a de quoi faire !

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