Salaün Mag 10

Salaün Magazine | Page 98 culture sans frontière | salvador dal í Q Artiste excentrique et génial, Savaldor Dalí a marqué l’histoire de l’art au xx e siècle, particulièrement dans sa Catalogne natale, où plusieurs lieux permettent de s’immerger dans l’univers surréaliste du célèbre moustachu. ERWAN CHARTIER-LE FLOCH u’on l’aime ou que l’on demeure quelque peu perplexe, l’art de Dalí ne laisse jamais indifférent. Il y a quelque chose de stupéfiant à considérer qu’un cerveau humain ait pu concevoir une œuvre aussi foisonnante et inclassable, alimentée aussi bien par les grands classiques de l’art européen que par tous les grands cou- rants artistiques etmétaphysiquesmodernes que Dalí a côtoyés durant sa longue carrière. génie du surréalisme Car s’il faut reconnaître un génie àDalí, c’est bien d’avoir participé et digéré la plupart des avant-gardes de l’art du xx e siècle, tout en conservant sa patte personnelle. Il est né en 1904, dans une famille de notables de Figueras, au nord d’une Catalogne qui est alors le terreau de plusieurs des plus grands artistes de l’époque, comme Picasso et MirÓ. Dalí est d’abord influencé par l’impres- sionnisme, puis part se former à Madrid, où il devient l’ami du poète Federico García Lorca, assassiné plus tard par les fran- quistes, et de Luis Buñuel, avec lequel il réalisera le film surréa- liste Un Chien andalou . Sur les conseils de MirÓ, il rejoint ensuite Paris en 1929, où il intègre le groupe des surréalistes d’André Breton et Yves Tanguy, à Montparnasse. Le jeune Dalí y théorise sa «méthode paranoïaque-critique » et rencontre la muse qui va l’inspirer pour le reste de son œuvre : Gala, alors mariée à Paul Éluard. Dalí se fâche cependant assez vite avec les surréalistes, qui lui reprochent ses provocations, notamment une certaine obsession pour l’esthétique d’Hitler et des nazis. Au milieu des années trente, Dalí et Gala voyagent beaucoup entre l’Amérique et l’Europe. Le Catalan se forge l’image d’un ar- tiste fantasque, têtede filedusurréalisme enmatièredepeinture. Il publie en 1939 une « Déclaration d’indépendance de l’imagina- tion et des droits de l’homme à sa propre folie », tout en se tenant sagement à l’écart des grands bouleversements de son époque, évitant l’Espagne durant la guerre civile et immigrant aux États- Unis en 1939. S’ouvre alors l’une des périodes les plus prolifiques de sa vie, tant au niveau artistique que financier, Dalí devenant l’un des premiers artistes à comprendre l’intérêt de la publicité et de la communication, domaine où son extravagance fait fureur… Le peintre devient une star et fait fortune outre-Atlantique.

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