Salaün Mag 10

Salaün Magazine | Page 77 reportages d ’ ici et d ’ ailleurs | bali A comme animaux À Bali, il y aurait toujours un autochtone malicieux pour vous glisser à l’oreille que quelque tigre vivrait toujours quelque part dans l’intérieur de l’île, mais que personne ne l’a vu depuis longtemps. Inutile donc de veiller la nuit en l’atten- dant. Par contre, les macaques seront des habitués de toute balade. Absents des villes, ils se rencontrent surtout autour de temples et, bien entendu, dans la bien nommée « Monkey Forest » , en lisière de Ubud. Davantage parc que forêt, le lieu est une promenade bucolique et ludique pour rejoindre au plus court la ville. Innombrables, les singes, et leurs petits si craquants, y sont joueurs et chapardeurs à l’occasion de lunettes, sacs ou tout objet laissé à leur portée. Ils rendent tout en échange d’une banane ou un gâteau acheté aux petits vendeurs locaux, présents là à bon escient. Mais la faune balinaise compte aussi deux espèces endémiques qui passent moins aperçues. Les scientifiques sont formels : le premier chien domestiqué par l’homme, au plus loin que l’on remonte dans l’histoire, fut le Bali Dog. De taille moyenne, de plusieurs couleurs, l’animal n’est ni gardien ni chasseur, juste un compagnon de nombre de familles balinaises. Il est pourtant en danger de disparition suite à des épidémies de rage et à un plan d’éra- dication lancé par le pouvoir indonésien. La BAWA, Bali Animal Welfare Association, entend le sauver par une ges- tion du nombre de spécimens avec l’appui des habitants des petits villages. Elle profite du soutien d’unmécène américain, Janice Girardi, qui finance les opérations de stérilisation par des vétérinaires, et l’appui médiatique de défenseurs du tou- risme durable, comme Varatrip. Ce tour-opérateur s’est aussi engagé pour l’autre animal endémique de l’île, le Bali Star- ling. Aussi appelé étourneau de Rothschild, il est aujourd’hui plus présent dans des parcs animaliers à travers la planète, comme le Jardin des Plantes de Paris ou le zoo de La Palmyre en Charente-Maritime, que dans son milieu sauvage de Bali, seul endroit où il vive en liberté. Tout blanc à l’exception de la pointe de queue noire et d’un joli bandeau bleu sur les yeux, il est l’objet de toutes les attentions de Friends of the Natural Parks Fondation, qui a mobilisé la population de la petite île de Penida pour le protéger. En 2009, seuls 120 spé- cimens sauvages avaient été répertoriés sur Bali. Il en reste- rait aujourd’hui au maximum la moitié. Victime de sa grande beauté, de l’explosion du commerce des oiseaux exotiques et du changement climatique, le Starling, peu farouche et facile à attraper, est traqué par des chasseurs d’occasion, car la capture d’un exemplaire sauvage est payée plus de 1000 € par des collectionneurs, de quoi faire vivre toute une famille durant un an. À Penida, l’association a réussi à sensibiliser les habitants à l’intérêt de le protéger dans son milieu pour l’avenir de l’îlot. Enfin, ici, l’éléphant trompe énormément : il n’y en a jamais eu à Bali dans la nature, et les spécimens présents ont été importés pour promener des touristes peu soucieux de véra- cité exotique ni de bien, être animal. En haut: dans la Monkey Forrest près de Ubud, les singes macaques s’ébattent en liberté et attendent bananes et friandises des visiteurs. En bas: les volontaires de BAWA, Bali Animal Welfare Association, se mobilisent dans les campagnes pour sauver le Bali Dog, une espèce de chien endémique très ancienne.

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