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UN TOUR EN VILLE Salaün mag | Page 61 Bucarest, c a p i t a l e d e l a R o uma - n u i t Certains y vont pour faire la fête, d’autres pour poursuivre leur exploration des pays de l’Est européen et retrouver leur étourdissante richesse historique et patrimoniale, et surtout ce petit supplément d’âme, ce grain de folie et d’anarchie qui subsiste chez certains, en particulier du côté des Balkans, en particulier à Bucarest. YANN RIVALLAIN S i vous avez choisi Bucarest pour faire un break, le temps d’un long week-end, il y a des chances que vous soyez arrivés au centre-ville en fin d’après-midi. Une petite douche, une promenade autour de l’hôtel pour s’orienter et la déci- sion est prise : quitte à s’attaquer à la capi- tale le premier soir, autant le faire par sa face nord, la vieille ville dont la réputa- tion festive connue de tous les noctam- bules et autres vampires qui hantent les nuits européennes, de Prague à Manchester en passant par Amsterdam, Riga ou Barcelone. lipscani et la movida roumaine Avant d’entrer dans la vieille ville, on prendra le temps d’admirer l’élégant passage couvert Macca-Vilacrosse et le bâtiment du Cercle militaire, qui abrite un restaurant où l’on peut dîner à un prix bienplusraisonnableque lefastedes lieux ne le laisse présager. Que l’on y pénètre en venant de l’avenue de la Victoire ou par les rives de la Dâmboviţa, une plongée nocturne dans Lipscani, le vieux centre de Bucarest, qui date du XV e , promet un choc festif d’une intensité rare, même dans les plus vibrantes capitales européennes. Ce vieux quartier délaissé à l’ère sovié- tique et où vivaient beaucoup de tziganes a été investi par les premiers bars et restaurants au début des années 1990. Depuis, lemouvement ne s’est jamais tari. Ce sont littéralement des dizaines de bars, boîtes, strip-clubs , snacks, pubs et restaurants qui se disputent un quadrilatère de quelques centaines demètres carrés traversé de charmantes ruelles tortueuses et de petits passages. Mais contrairement à d’autres quartiers de ce genre, ici, les boîtes branchées et les bars à strip-tease semblent côtoyer les petits restos familiaux avec le plus grand naturel. En quelques pas, on passe du Bordello , un pub plutôt classique – comme son nom ne l’indique pas – à la déco cosy- chic hallucinante du Nomad SkyBar , un  rooftop plutôt tourné vers les cocktails, qui occupe les cimes de toute une rue, en passant par des adresses beaucoup plus racoleuses. Plus simple mais char- mant, le Pura Vida Skybar , sur le toit d’une auberge de jeunesse, surplombe lui aussi une rue du centre-ville. En forme de wagon, le Shoteria , dans la rue Selari, est un bar à cocktails où l’on boit debout en découvrant un menu qui ressemble aux arrivées et départs de train dans la gare du nord de Bucarest.

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