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Salaün mag | Page 58 REPORTAGE | New York C omme des centaines de ses compatriotes originaires du centre-Bretagne, entre les deux guerres, Michel Salaün, le grand-père et fondateur de l’affaire familiale a tenté sa chance aux Etats-Unis. Lorsqu’il embarque sur le prestigieux paquebot France, construit à Saint-Nazaire, le 9 février 1927, il a tout juste 28 ans. En découvrant le port du Havre, il fait une première rencontre avec le monde. Car le «Versailles de l’Atlantique », lancé en 1912, une semaine après le Titanic est plutôt habitué à transporter les élites richissimes de part et d’autre de l’Atlantique. Mais l’hiver, parmi ses 2000 passa- gers, on dénombre aussi des centaines de passagers de condi- tion modeste, candidats à l’immigration, qui ont tout misé sur un nouveau départ en Amérique. un frisson de liberté Comme ses camarades de traversée, dont bon nombre d’ouvriers agricoles, dont les noms figurent sur le registre conservé à Ellis Island, Michel Salaün est sans doute impres- sionné par le navire et l’on imagine le frisson qui le saisit quelques jours plus tard, lorsque la skyline de New York apparaît et que se profile l’imposante silhouette de la statue de la Liberté. Pour accéder au rêve américain, il faut d’abord passer par le poste d’enregistrement des immigrants alors situé à Ellis Island. Michel Salaün est de ceux qui patientent dans ses longues files d’attente avant que ne leur soit accordé le précieux sésame. Les registres d’Ellis indiquent qu’il était né à Plonévez-du-Faou et vivait à Collorec, dans le Finistère. Aux autorités, il déclare que sa plus proche parente au pays est sa sœur, Louise Grall, qui vit dans ce même village. Sa destination finale correspond à celle de Pierre Croguennec, un cousin qui vit déjà aux Etats-Unis, à Milltown dans le New-Jersey. Contrairement à des centaines de milliers d’Européens, notamment irlandais, pour Michel Salaün, ce départ n’est pas définitif. S’il a laissé au pays sa femme et son fils, Yves, qui a alors deux ans, c’est qu’il compte bien y revenir. Une fois qu’il aura rassemblé un pécule suffisant pour acquérir sa propre ferme. Issu d’une modeste famille d’ouvriers agricoles et lui-même employé de ferme en centre Bretagne, à Collorec, Michel Salaün avait en effet décidé d’élever sa condition en partant aux Etats-Unis. Il ne partait pas cependant pas tout à fait en terre inconnue. De nombreux Bretons ont déjà fait le voyage et les liens sont importants des deux côtés de l’Atlantique. La région de Milltown est alors un des princi- L’aventure américaine d e M i c h e l S a l a ü n ( l e g r a n d - p è r e ) C’est au rêve américain et à une tradition d’accueil qui a permis à des millions d’Européens de changer leur destin en gagnant les rives du Nouveau monde que Salaün Holidays doit son existence. Il était une fois… un ouvrier agricole breton qui rêvait d’Amérique. Il s’appelait Michel Salaün. YANN RIVALLAIN

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