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Salaün mag | Page 44 DANS LES VALISES DE...| Emmanuel Langlois SALAÜN MAG - vous qui racontez la vie des français à l ’ étranger , vous avez bien deux coups de cœur personnels ? EMMANUEL LANGLOIS - Le plaisir d’une destination, c’est d’abord l’état d’esprit dans lequel on l’aborde. Je ne crois pas qu’il y en ait de vraiment mauvaise. Mais sûrement, la rencontre ne se fera pas si on reste sur des clichés ou des a priori . Quitte à être venu, autant s’ouvrir, non ? Pour moi, puisqu’il faut choisir deux destinations, ce serait Le Cap en Afrique du Sud et Montréal au Canada. S.M. - parlons de l ’ afrique du sud , alors … E.L. - J’ai découvert ce pays tout seul et anonymement en louant une voiture direction Le Cap. En conduisant à gauche. Lion’shead, laTableMountainet lesplages à sespieds, les jardinsurbains vousenvoûtent dès le premier coup d’œil. Une sensation de grands espaces alors que l’on est toujours en ville. Et en deux pas, on peut se retrouver sur le Victoria et Albert Waterfront, temple des bars, restaurants, boutiques face à la mer… avec embarcadère pour Robben Island, où fut emprisonné Nelson Mandela de 1964 à 1982. C’est cemariage du sordide (passé) et du splendide (actuel) qui fait du Cap une ville unique. S.M. - le cap est justement la porte vers le cap de bonne espérance … E.L. - Si on veut voir des manchots sur une plage, puis des babouins dans les bosquets, puis des autruches sur une autre plage… toutes les espérances se concrétisent ici, c’est sûr ! J’ai un souvenir personnel chaleureuxàStellenbosch,unedescapitales du vin sud-africain. Un vin trop mal connu chez nous alors que ce sont des huguenots français chassés par l’abrogation de l’édit de Nantes qui ont implanté les vignes. Dans une propriété viticole, j’ai rencontré la fille héritière de la famille Cointreau. Un grand moment entre Français ! S.M. - il est temps de faire un bond sur la planisphère pour montréal … E.L. - J’ai dû m’y rendre six ou sept fois, en été et en automne. En marchant ou en l’équivalent du velib parisien. C’est une ville aux multiples découvertes où il est facile de se déplacer et s’orienter. Le parc Jean- Drapeau avec ses deux îles, Sainte-Hélène et Notre-Dame, offre une vue exceptionnelle sur le fleuveSaint-Laurent. J’ai unpetit faible pour le quartier de Mile End, peuplé par des musiciens, artistes, cinéastes… avec ses petits magasins, ses vieilles maisons, ses lofts en cours de réhabilitation. Un rien bobo mais plein de charme. Un peu comme le canal de Lachine avec ses bars sympas et l’absence de voitures, mais si plaisant. S.M. - si on vous écoute , montréal ce serait plutôt pour de l ’ entre - soi entre gens branchés ? E.L. - Au contraire ! La ville est un réel foyer multiculturel en effervescence. Quasiment toutes les communautés de la planète y ont gardé leurs spécificités, qu’elles viennent des Caraïbes, d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique latine.Ducoup,touteslescuisinesettoutesles musiques s’y épanouissent, dans un quartier ou un autre, dans un joyeuxmelting-pot. C’est même presque plus facile de parler français avec unHaïtien qu’avec certains Québécois à l’accent et au vocabulaire parfois déroutants. Tout y est question d’ambiance et de choc des cultures. Un tour jusqu’à Ville Marie vous amène ainsi aux origines de la ville, mais c’est aussi le centre des affaires, où, parfois, on peut se croire àNewYork face aux immeubles imposants. Montréal est ainsi : ce que l’on s’attend à découvrir se révèlera différent. Souvent en mieux. Et moi, j’ai un gros problème avec Montréal : je n’ai jamais vu la ville en plein hiver. Un manque qu’il me faudra combler : vous venez avecmoi ? 1. 2. 5.

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