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Salaün mag | Page 36 Sauf à avoir la chance de l’aborder par la mer, on ne peut imaginer plus belle manière d’entrer dans Oran que par la gare. Le voyage en train depuis Alger, dans des wagons modernes, est des plus agréables et permet de mesurer la richesse de ce littoral qui borde la Méditer- ranée et qui alterne, au fil des cinq heures de trajet, les paysages de vergers et de vignes, de cultures légumières et les pâturages jaunis par le soleil, sur lesquels paissent d’immenses troupeaux. L’arrivée par train à Oran est un grand moment. La gare à elle seule permet, en effet, de comprendre que l’on entre dans une ville à nulle autre part, marquée par un grain de folie et une insolence insouciante. On réalise immédiatement que l’on est désormais bien loin de la rigueur haussman- nienne du centre ville d’Alger. La gare d’Oran, que l’on définit comme étant d’un style néo mauresque très en vogue au début de la colonisation fran- çaise, mélange avec bonheur des inspirations diverses. Extérieurement, elle offre l’aspect d’une mosquée avec son minaret qui porte la seule horlogeprécisedelaville,mais à l’intérieur son décor, d’une grande richesse brouille la piste religieuse avecune étoile de David dans le plafond du dôme et des croix chrétiennes dans les peintures murales. On peut maintenant se perdre dans les rues d’Oran… Oran nous attend à la gare…

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