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Salaün mag | Page 107 ESCAPADE | La baie de Naples Et une envie subite de l’imiter vous prend en pensant aux harceleurs qui, depuis votre arrivée, vous pressent de visiter la Grotta Azzurra, la grotte bleue. Oui, c’est beau, mais c’est à éviter ! Une flottille de bateaux amène pour 18 € ou plus à des chaloupes où il faut se coucher sous des ordres désa- gréables pour admirer enfin un vrai spectacle de bleu, durant quelques poignées de secondes polluées par les cris des autres multiples embarcations et les flashs des smartphones, avant d’être retransbahuté comme un paquet de viande sur le bateau de départ sous les insultes si on oublie le pourboire. Un vrai mépris. Heureusement, il y a le minibus qui amène par une route en épingle à cheveux à Anacapri, l’autre commune de l’île. L’in- térieur de l’église San Michele laisse ébahi : on y circule en rond sur des planches de bois pour préserver le sol de faïence magnifié d’une fresque biblique, que l’on peut embrasser dans sa totalité depuis l’étage en colimaçon. De l’autre côté du bourg, les escaliers phéniciens taillés dans la montagne, qui permettent aux plus sportifs de redescendre vers le ferry (attention les genoux), offrent à leur démarrage la plus belle vue sur le port de Capri et la baie de Naples. Ou bien, pour un autre regard panoramique, on rejoint le sommet du Monte Solaro, 589 m de haut, à pied ou mieux en tire-fesses… Brigitte, encore ! iScHia eN « pLeiN SOLeiL » Si Capri est un prolongement calcaire du continent, Ischia (prononcer Iskia) est née d’un volcan. Qui explose à nouveau en 1960 sous les traits d’un Alain Delon au plus fort de sa beauté ravageuse de bad boy . René Clément a posé ses caméras sur Ischia pour Plein soleil avec Maurice Ronet, Marie Laforêt et Romy Schneider dans un petit rôle même pas au générique. En 1999, Matt Damon, Jude Law et Gwyneth Paltrow reprennent les personnages dans le remake d’Anthony Minghella, Le Talentueux Mr Ripley . Volcanique. Troisième plus grande île italienne après la Sardaigne et la Sicile, Ischia, 47 km 2 , compte six communes, Forio, Casa- micciola Terme, Lacco Ameno, Serrara Fontana, Barano et Ischia, divisée elle-même en deux entités, Ischia Porto et Ischia Ponte. Ce n’est donc pas en une seule journée que l’on en décou- vrira les innombrables charmes. Sa réputation de jardin aquatique en mer, l’île la doit bien sûr à la diversité de ses paysages – bois, landes, champs, vallons, sommets –, mais peut-être d’abord au foisonnement de sources d’eau chaude remontant du cœur de l’ancien volcan, Monte Epomeo. Ici, on refroidit l’eau avant d’y plonger et en espérer mille bienfaits pour sa santé. Des parcs à multiples bassins alter- nant les températures de 14 ° C à 40 ° C, comme le Poséidon à Forio et ses 22 piscines, attirent de longue date les curieux d’expérience unique. Chacune des communes a sa petite particularité jalousement protégée, comme la Vierge d’entrée du port de Casamicciola, le « fungo », rocher champignon, à l’entrée de Lacco Ameno, l’église blanche Santa Maria del Soccorso, en surplomb de mer de Forio, ou évidement Sant’Angelo, le joli petit port de pêche de Serrara Fontana, avec son îlot relié par un isthme. Une conformation déjà aperçue à l’arrivée sur l’île avec le Château aragonais de Ischia Ponte. Un pont justement relie le rocher fortifié au reste de la ville, aux ruelles colo- rées et ombragées à souhait lors des temps les plus chauds, ici fréquents. Le château, qui servait de protection et vigie dès le XV e siècle, est en lui-même un village avec ses églises, postes de garde, jardins, couvent de clarisses, restaurant et une terrasse avec vue époustouflante sur Capri. Y monter au sommet à pied pourra intéresser quelques sportifs bien entraînés… Pour les autres, existe dorénavant un ascenseur à travers le noir du rocher, amenant directement, ou presque, au plein soleil. prOciDa et « Le FacteUr » Même si elle n’est qu’un minuscule caillou volcanique de 3,7 km 2 , Procida est dure aux mollets et au cœur des cyclistes avec ses venelles montant vers Terra Murata, sa forte- resse et point culminant. Ce n’est pas « Le facteur » qui dira le contraire. Acteur fétiche d’Ettore Scola, Massimo Troisi s’était enthou- siasmé en 1994 pour endosser le rôle de facteur (« Il postino ») Ci-dessus : Marina Corricella, port de pêche de Procida.

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