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Salaün mag | Page 104 ESCAPADE | La baie de Naples « Voir Naples et mourir», «Capri, c’est fini», Gomorra … c’est fou ce que les habitants de Campanie peuvent trouver pour freiner les tentations à venir les visiter. Pas peu fiers d’avoir donné leur pizza à la planète entière, ils entendent par contre se garder quelques identités magiques non délocalisables, elles. Mais c’est raté ! Naples, Pompéi, Herculanum ou le Vésuve sont déjà en partage galactique ; Sorrente ou Pouzzo les n’en sont pas loin ; Capri un peu aussi, mais voilà, sa conquête passe par la mer. Surtout qu’elle n’est pas seule, dans cette baie aux eaux zébrées de bleu ou de vert selon l’heure du jour, à défendre farouchement son statut marin. Ischia, la plus grande, et Procida, la plus petite, forment avec Capri un sacré trio de friponnes auxquelles il ne faut pas en conter. Friponnes mais pas farouches : de tous les ports de la baie, ferries, hydroglisseurs, speed-boats , catamarans organisent le rabattage des futurs amoureux vers l’une ou l’autre et entre elles. De 20 minutes à 1h30 selon la destination première. Sur place, tout est prévu pour vous accueillir. Alors soyons gour- mands : on visite les trois, et silence, ça tourne ! capri et le mépris « Tu les trouves jolies, mes fesses ? » La question de Brigitte Bardot à Michel Piccoli dans Le Mépris de Jean-Luc Godard, en 1963, s’inscrit dans l’histoire de Capri. La villa Malaparte, lieu du tournage, reconnaissable à sa couleur rouge, en équi- libre sur une pointe de l’île, se découvre, de loin, au terme de trois quarts d’heure de marche depuis la Piazzetta, de son vrai nom Piazza Umberto I, le lieu m’as-tu-vu local. Même si les fesses de BB vues par Godard restent au patri- moine de l’humanité, Capri montre bien d’autres charmes. Débarqué à Marina Grande, il a déjà fallu emprunter le funiculaire pour rejoindre le bourg. Depuis la Piazzetta, un chemin piétonnier en légère pente ouvre un univers tout de vert, de boutiques, d’hôtels, de restaurants, tout en élégance, qui amène jusqu’aux Jardins d’Auguste, une espla- nade sur la baie. Ici débute la Via Krupp, étonnante descente pédestre en lacets voulue par l’industriel allemand pour éviter à ses amies de salir le bas de leurs longues robes en rejoignant la mer. Sur la gauche, les Faraglioni, rochers pointus déta- chés de la côte, emblèmes de Capri, entre lesquels des bateaux traversent. Pour qui a de bonnes chaussures, on peut aussi les aperce- voir depuis la villa Jovis, d’où Tibère dirigea l’Empire romain, de 26 à 37 après J.-C., et d’où il jetait à la mer les invités qui l’ennuyaient.

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