Salaün Mag 12
DE A à Z | Wallonie Salaün mag | Page 98 E COMME EXTRACTION DE CHARBON Le charbon a fait la richesse et lamisère de laWallonie. Avec la sidérurgie induite, la région fut considérée, dans la première partie du XIX e siècle, comme la 2 e puissance économique aumonde après le Royaume-Uni. Il en reste des demeures cossues de propriétairesminiers, quelques corons d’ouvriers et une histoire essentiellement douloureuse d’accidents, demorts et demaladies contractées au fond. Le 31mars 1980, le dernier puits d’extraction fermait à Blegny (province de Liège). Mais pas question d’enfouir l’histoire. Le site, rebaptisé Blegny-Mine, rouvre en juin suivant pour accueillir des visiteurs et narrer par le détail la rude vie des « gueules noires ». On endosse donc veste demineur et casque pour descendre à 60 mde profondeur par l’authentique navette des ouvriers, mais ralentie demoitié de vitesse pour ne pas soulever le cœur des touristes… D’anciensmineurs ont formé les jeunes guides et apporté leurs anecdotes. Pour la démonstration, unmarteau-piqueur, une ventilation et une perforeuse sont remises en route à tour de rôle. Le vacarme est infernal. Il y en avait quatre de chaque en fonctionnement enmême temps lors de l’activité. Avec interdiction de bouchons d’oreilles pour suivre les craquements éventuels des poutres de soutènement, synonymes d’éboulement à venir. Les positions couchées des corps étaient insoutenables jusqu’à 10 heures par jour… On remonte à la surface, ébranlés, différents, en se demandant si, finalement, le « Germinal » d’Émile Zola n’est pas un roman à l’eau de rose. Plus qu’instructive, la visite est indispensable. F COMME FRITE Stop ! Assez de controverses pro-Français/pro-Belge : la frite, la vraie, est wallonne. Point. Ici, la patate est épluchée dans la cuisine, et pas achetée surgelée chez le grossiste. Après repos, elle passe dans un bain bien chaud de blanc de bœuf, et pas d’huile, nonmais ! Et elle se repose encore avant l’incontournable second bain. Servie dans la rue en paquets, feuille de papier tournée, avec interpellation pleine de poésie de l’artiste des frites : « sauce ou pas sauce ? » Si oui, le choix est large : mayo, moutarde, ketchup (pour les faibles d’esprit culinaire), et tutti quanti. Et ça se déguste avec les doigts (de lamain). Le pied, donc ! Au restaurant, c’est idem, sauf exception repérable à une enseigne à connotation américaine ou française. La gastronomie wallonne est riche en plaisirs. Toujours copieuse, l’assiette se régale d’américain (un tartare à lamayo), d’anguille au vert, de tartelettes aux chicons, de gaufres de pommes de terre, de carbonnades diverses, de vol-au-vent ou de boudin blanc de Liège. Et demoules. Le plus long est encore de lécher chaque doigt après dégustation. En Wallonie, on ne plaisante pas avec la frite. N’est-ce pas, Sylvie ?
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