Salaün Mag 12
Salaün mag | Page 90 UN TOUR EN VILLE | Siem Reap L e Royaume du Cambodge est un pays fascinant. Ses 15millions d’habitants, sur l’équivalent d’environ un tiers de la France, cultivent un bonheur de vivre qui peut étonner face aux tragédies qu’atraverséeslepeuplekhmeraulongdes siècles.Delachutede l’empire d’Angkor aux sanguinaires Khmers rouges de Pol Pot en passant par les guerres avec ses voisins siamois et vietnamiens, la colonisation française ou les bombes américaines, rien ne lui aura été épargné. Aujourd’hui, la capitale Phnom Penh est, dans ses murs et sa frénésie, un reflet vivant de tous les aléas dramatiques et heureux traversés par le pays. Chose peu commune, ce n’est pas sur son territoire que se situe le plus grand aéroport international mais 314 km plus au nord, dans la provinciale Siem Reap, dont le nom– littéralement « Siamois terrassés » – célèbre une victoire des Khmers sur leurs vieux adversaires du Siam (l’actuelle Thaïlande). Une victoire toute relative puisque la province ne sera rétrocédée au Cambodge qu’en 1907. un tourbillon organisé Qu’importe ! Aujourd’hui, un siècle plus tard, Siem Reap – près d’un million d’habitants avec sa périphérie – rayonne sur tout le royaume par son dynamisme économique et les exceptionnels cadeaux que lui ont faits la nature et l’histoire. Le cœur de la cité est un tourbillon… organisé. Deux larges avenues parallèles, l’une centrale, Sivatha Ave, l’autre au long de la rivière, Pokambor Ave, finissent par se rejoindre, dans un axe nord-sud, derrière le vieux marché. Au nord, la Nationale 6 les coupe pour amener d’un côté les véhicules en provenance de la capitale et, de l’autre, les passagers débarqués à l’aéroport. Et dans ce triangle de circulation, des centaines de rues et venelles s’entrecroisent au carré pour offrir espaces commer- ciaux aux marques internationales, échoppes de souvenirs, salons de massage, cabanes de street-food, supérettes ouvertes pour certaines 24/24…Et desnuéesde restaurants qui alternent avec autant de bars. La fièvre monte encore d’un ton en fin d’après-midi au retour des touristes excursionnistes. Le Marché de nuit est, lui, depuis longtemps survolté, même en plein jour. Autour de Pub Street, la bien nommée, les sons des haut- parleurs se mêlent aux vrombissements des tuk-tuk omni- présents. Rien à voir avec les petits véhicules rencontrés dans d’autres pays du sud-est asiatique : ici, le tuk-tuk, c’est un cyclo- moteur avec une attache soudée sur le garde-boue arrière pour tracter une remorque équipéededeux bancsdeux places chacun qui se font face. Pour 1 ou 2 dollars US, le pilote vous soulagera et vous ramènera à l’hôtel ; et pour une quinzaine de billets verts, il vous proposera une virée le lendemain vers Angkor. Ses 15 millions d’habitants (...) cultivent un bonheur de vivre qui peut étonner face aux tragédies qu’a traversées le peuple khmer À gauche : l’heure de la pause sur le tuk-tuk. À droite : les rues du centre-ville de Siem Rep sont animées jour et nuit.
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