Salaün Mag 12

DANS LES VALISES DE… | Ulysse Gosset Salaün mag | Page 42 QUESTION. - les téléspectateurs vous ont vite identifié grâce à vos reportages et analyses dans un monde qui vivait alors de grands changements , mais grâce aussi peut - être à un prénom original , non ? ULYSSE GOSSET. - Une idée demon père. Vous pouvez demander à tout enfant au prénompeu commun l’enfer qu’il doit vivre à l’école. Ce n’était pas facile tous les jours, mais ça forge le caractère. Le seul à porter un nom issu de l’œuvre d’Homère que je connaissais alors était Achille Talon. Mais lui, personnage de BD, était totalement et naturellement imperméable aux railleries. Cela s’est arrangé pour moi quand le dessin animé Ulysse 31 est sorti à la télé, mais j’étais alors devenu adulte et ça neme servait plus à rien contre les « gentillesses » des autres gamins. Q. - on n ’ arrive pas à moscou comme correspondant du 20 h le plus regardé de france par hasard ? U.G. - Si, presque ! Dans la ville où j’ai grandi, en région parisienne, résidaient plusieurs familles russes ayant fui la révolution bolchévique. Du coup, des cours de russe étaient donnés à l’école pour leurs enfants et petits-enfants, ce qui était assez rare à l’époque. Mon père, pas à une idée surprenante près, m’y a inscrit. Seul élève non russe d’origine alors quemes camarades de classe pouvaient eux pratiquer la langue le soir en famille. Mais jem’en suis sorti et, plus tard, à la fin demes études à l’école de journalisme de Lille, j’ai vu une petite annonce de TF1 qui cherchait quelqu’un pour la Russie. Et j’ai postulé. Q. - vous partez aussitôt ? U.G. - Oh non, car mon niveau en russe n’était pas assez élevé pour tenir de profondes interviews politiques. Onm’a donc envoyé en perfectionnement de russe accéléré et jeme suis retrouvé en cours avec Jean-Loup Chrétien et Patrick Baudry, les premiers spationautes français. Une sacrée rencontre ! Arrivé enfin àMoscou, jeme suis réjoui de cette formation qui me permit, entre autres, des exclusivités avec Gorbatchev alors que l’URSS s’effondrait. Q. - après six années à moscou , c ’ est un drôle de basculement d ’ est en ouest que de rejoindre sans transition washington pour 9 ans … U.G. - Quand on passe d’un pays où le contrôle est permanent, où il fallait demander un passeport intérieur pour bouger en dehors de la capitale, à une liberté totale demouvement, c’est en effet entrer dans une autre dimension. Mais, au final, le travail de journaliste reste lemême : être là où il faut quand il faut, et surtout vérifier ce qu’on vous raconte. En haut à gauche : le Sloppy Joe’s, bar à Key West. Au centre : New-York, éclairée par la Statue de la Liberté. En bas : San Francisco et sa baie magnifique.

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