Salaün Mag 12
Salaün mag | Page 101 DE A à Z | Wallonie P COMME PAIRI DAIZA Faire se rencontrer lemonde en un lieu unique, telle est l’idée folle qui vint à Éric Domb en découvrant le domaine abbatial cistercien de Cambron-Casteau (Hainaut) à l’abandon en 1994. Tout est à y faire. D’abord parc ornithologique avec 2 500 oiseaux, le site devient parc zoologique et enfin Pairi Daiza, « un jardin desmondes ». Organisé en sept mondes où les cinq continents trouvent leur place par leurs flore, faune, bâti et paysages, Pairi Daiza ne ressemble à aucun parc ou site de loisirs existant ailleurs. Un petit train à vapeur permet de passer en quelquesminutes des orangs-outans d’Indonésie aux kangourous d’Australie, en croisant des éléphants d’Afrique, des rapaces d’Europe, des poissons tropicaux ou des chevaux de la ferme wallonne des origines. Sur 65 ha, 5 000 animaux vivent en paix dans leur environnement presque naturel, dont des temples rapportés d’Asie. Avec des rencontres rares comme les tigres blancs et le petit Tian Bao, le bébé panda géant issu d’un couple prêté par la Chine et né ici en juin 2016, un an avant celui de Beauval en France. Pairi Daiza est avant tout un lieu de paix où ancienne abbaye, plans d’eau, aires de jeux, dix restaurants s’intègrent à la nature enfin respectée. M COMME MONS La Grand-Place, avec ses terrasses colorées, ses façades ornementées, ses jeux d’eau, est le rendez-vous pour une découverte deMons (Hainaut). Là trône lemajestueux hôtel de ville, où de somptueuses salles décorées d’armoiries des grandes familles se visitent tout en admirant des serrures étonnantes et un jardin où des garden-parties réunissent élus et population. Mais avant de franchir le porche, passage obligé par le petit singe de fer forgé installé dans lemur sur la gauche. Nul ne sait pourquoi il fut posé là il y a des siècles, mais chacun se doit de passer lamain gauche sur son crâne pour attirer le bonheur. Visible de la Grand-Place, le beffroi de 87 mde haut érigé en 1660 se rejoint dans le jardin des comtes de Hainaut. Seul beffroi de style baroque, son sommet est facilement accessible par ascenseur pour un panorama sur la région et le carillon de 49 cloches. La réputation deMons a dépassé les frontières belges grâce à sa Ducasse. Cette fête, populaire depuis leMoyen Âge, vénère Sainte-Waudru, la patronne de la ville, le dimanche de la Trinité. Ses reliques sont sorties de la collégiale sur un Char d’Or que des chevaux, portés par les encouragements d’une foule enjouée, devront hisser en haut d’une côte sous peine d’année demalheur. C’est l’occasion de journées de foires, animations en tout genre, libations, défilés desmeilleures confréries belges et d’un « combat dit du Lumeçon » sur la Grand-Place, entre Saint-Georges et un dragon, au son du Doudou, air repris en chœur par les participants costumés en plusieurs camps. Unmusée y est consacré, mais être alors présent reste à jamais dans lamémoire. L COMME LIÈGE La capitale économique deWallonie cache bien son jeu. Semblant alanguie en bord deMeuse, Liège virevolte dumatin au soir, fière de son passé. L’Opéra royal deWallonie, lesmusées du Grand Curtius ne sont que de belles étapes avant de rejoindre le cœur du centre historique. Face à l’impressionnant palais des Princes-Évêques avec sa vaste cour en arches, plus grand édifice civil gothique aumonde, aujourd’hui palais de justice, s’étend la place Saint-Lambert : jusqu’en 1794, se trouvait là l’immense cathédrale Saint-Lambert, que les révolutionnaires de Liège devenue française semirent à démonter pierre par pierre pour démontrer à leurs homologues de Paris qu’ils étaient encore plus extrémistes. Liège se visite à pied pour aller de découvertes en découvertes, de façades ouvragées en placettes accueillantes et surtout par les passages étroits entremaisons, dont le plus connu, celui de l’Ange, qui révèlent des courettes fleuries. Des escaliers complètent la balade et un simple coup d’œil à celui de laMontagne de Bueren—374marches abruptes reliant la caserne au centre—suffit à comprendre l’engouement qu’il suscite chez les amateurs d’épreuves hors normes. Pour s’en remettre, s’asseoir sur un banc auprès de Georges Simenon, sur la bien nommée place du CommissaireMaigret. L’écrivain prolixe est né à quelques pas de là. Nul doute qu’il arpenta, jeune, lemarché de la Batte, le plus long d’Europe, qui, depuis 1561, s’étire le dimanche matin sur la rive gauche de laMeuse. Et là, comment ne pas succomber à une gaufre, la vraie, celle de Liège, à déguster aumilieu d’une foule agglomérée autour des étals. D’où les célèbres bouchons de Liège. Le père de Maigret, Georges Simenon, est considéré comme un héros dans sa ville natale.
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy NTUzMDA5