Salaünmag N°15
Salaün mag | Page 99 REPORTAGE | Albanie à la rencontre de la nature L’Adriatique, relayée par la mer Ionienne à la pointe sud du pays, offre à l’Albanie 362 km de rivages de jolies criques rocheuses et de vastes étendues sablonneuses en alternance. À portée de regard, en face se dessinent les littoraux de l’Italie et, au sud, de l’île grecque de Corfou, très ressemblants, donc, en esthé- tique, ensoleillement, douceur du sable. Sauf que le long isolement de l’Albanie en garda la jouissance à quelques riverains, privilé- giés du régime, ou militaires. Mais ce temps est passé et c’est une véri- table « riviera » méridionale albanaise qui est sortie de terre et a pris un essor rapide à partir de Vlore jusqu’à la frontière grecque. Des stations balnéaires neuves particulière- ment prisées des jeunes générations d’en- fants d’émigrants qui, grâce à un pouvoir d’achat supérieur obtenu en Italie, Alle- magne, Grande-Bretagne ou France, viennent l’été y revoir une partie de leur famille, restée au pays, et faire la fête sous toutes ses formes, pour moins cher qu’à Ibiza ou en Croatie. Du coup, les criques sauvages sont négligées et peu accessibles, victimes d’un bétonnage exacerbé des bords de mer, avec plages privées à transats, restaurants et discothèques à foison. Mais que la mer y est belle ! Plus au nord, à 35 km seulement de Tirana, Durrës, port ancestral de commerce connu dès l’Antiquité sous le nom d’Épidamne, a gardé un charme de sa position clé straté- gique sur la route de Rome à Byzance, reliant les empires d’Occident et d’Orient. Sous tous les régimes, la bonne société y eut ses habitudes, et cela a généré de belles bâtisses, authentiques ou refaites à l’identique, bordant des espaces verts, des avenues vivantes à l’année, un art de vivre en sérénité et le désir de les conserver. Tout comme son amphithéâtre romain, en plein centre-ville, cerné par les maisons construites avant la redécouverte des impressionnants vestiges. Ci-contre : une belle plage de la riviera méridionale albanaise. En bas, à gauche : le paysage sauvage du lac de Shkodra (Skodër). Ci-dessous : l’amphithéâtre romain de Durrës a été découvert par hasard au milieu d’un quartier construit depuis des siècles sur son emplacement.
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