Salaünmag N°15

Salaün mag | Page 93 REPORTAGE | Albanie La haute statue équestre noire du héros national y trône toujours, juste à côté de la mosquée restaurée Et’hem Bey, de l’historique tour de l’horloge et… du buil- ding moderniste du 5 étoiles Plaza. Surtout, l’immense quadrilatère dégagé, bordé d’un côté par l’opéra, de l’autre par le Musée national, avec sa fresque embléma- tique des années staliniennes, a été repavé pour accueillir des jets d’eau en son sol et un manège de chevaux de bois ; et en bordure, un espace vert où jeunes et anciens aiment à venir se prélasser, entourés d’œuvres d’art contemporain. Pas loin, une copie des soucoupes d’Enver Hoxha sert d’entrée au Bunk Art 2, les anciens tunnels secrets du ministère de l’Intérieur où la Sigu- rimi, un KGB au carré, pratiquait la torture. Le ciel du dôme a été recouvert de centaines de portraits de victimes, comme pour exor- ciser définitivement cette page d’histoire. Une visite instructive au programme de tout séjour, à l’instar de la pyramide édifiée en hommage au dictateur à sa mort par sa fille, qui tombe en ruine, avec juste en face, en clin d’œil ironique, la Cloche de la paix. Dernier contact avec Hoxha en banlieue au Bunk Art 1, plus vaste et aussi accablant que celui du centre-ville, mais avec un grand bonheur : y prendre la navette pour le télé- phérique, qui, après un voyage dans les airs d’un quart d’heure, amène au sommet du parc national de Dajti. À 1 200 m d’altitude, Tirana se découvre de haut au milieu de paysages vallonnés époustouflants de collines et lacs, et par beau temps, la mer au loin. La vraie Albanie ? La pyramide érigée par la fille de Enver Hoxha en hommage à son dictateur de père tombe en décrépitude, juste en face d’un symbole tout autre, la Cloche de la Paix.

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