Salaünmag N°15
Salaün mag | Page 91 REPORTAGE | Albanie un dictateur paranoïaque Admirateur de Tito, puis Staline, puis Mao, il les renie à tour de rôle, leur reprochant un manque de détermination dans la libé- ration du peuple par la terreur et la pensée unique. C’est donc à son pays qu’il offrira le « bonheur » de vivre dans l’abolition de libertés, la peur de l’étranger et la restriction alimentaire. Interdit de sortir des frontières, interdit d’entrer sur le sol national, espion- nage de ses voisins, exécution des contes- tataires, persécution de toute pratique reli- gieuse, construction sur tout le territoire de mini-bunkers en forme de soucoupes volantes pour stopper une invasion capi- taliste imaginée par un paranoïaque… Enver Hoxha, professeur de français avant d’accéder au pouvoir, a enfermé son peuple dans une dictature sanguinaire et ramené l’Albanie au Moyen Âge. À son décès, plusieurs années et la chute du bloc de l’Est furent nécessaires au réveil d’une nation anesthésiée, K.-O. debout. Par le passé, les Albanais avaient prouvé qu’ils pouvaient se relever de tout, et la démons- tration en est encore apportée aujourd’hui. tirana d ’ ombre et lumière Sur la grande carte de l’Europe, l’Albanie n’est qu’un confetti né comme État en 1912. Presque de la taille de la Belgique et ses 12 millions d’habitants, le Pays des aigles, comme on l’appelle, ne compte, lui, que 3millions de résidents, mais une diaspora de 7millions de défenseurs d’une culture unique à travers le Vieux Continent, souvent passée par l’Italie, où beaucoup ont fait souche, avant de repartir plus loin, comme la famille d’un certain Robert de Niro. L’écrivain Ismail Kadaré, les comédiens James et John Belushi ( The Blues Brothers ), le chorégraphe né en France Angelin Prel- jocaj portent haut les couleurs albanaises, comme Mère Teresa, qui a donné son nom à l’aéroport international de Tirana. La capi- tale est sans doute la meilleure démonstra- tion du renouveau et de la marche à rythme soutenu du pays vers son avenir. Qui n’y est pas revenu ces dernières années aurait en effet bien du mal à recon- naître Tirana. De larges avenues y ont été tracées, des quartiers insalubres rasés, des gratte-ciel érigés, des monuments histo- riques réhabilités, de nouveaux lieux de culte sanctuarisés… La capitale albanaise n’est pas très étendue, mais avec sa périphérie, elle héberge près de la moitié de la population totale du pays. La grande transformation se perçoit concrètement dans l’hyper-centre autour de laplace Skanderbeg. Page de gauche : symbole des armoiries albanaises, Tirana. Ci-dessus : Enver Hoxha, chef des partisans albanais, à Odriçan, Gjirokastër, en 1944.
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