Salaünmag N°15
Salaün mag | Page 81 DE A à Z | Québec J COMME J ACQUES CARTIER En 1534, quand il aborde pour la première fois le golfe du Saint-Laurent, leMalouin Jacques Cartier a été envoyé par François I er pour trouver la routemaritime directe vers l’Asie que Christophe Colomb n’a pu dénicher. Le roi de France en attend aumoins l’or et les richesses en quantité que les Espagnols ont récupérés de leurs expéditions. Ce sera une amère déception royale, malgré un deuxième voyage en 1535 et un troisième en 1541. Cartier, à part quelques Iroquois prisonniers, ne ramènera rien ou presque de ses explorations pour la gloire et la fortune de son souverain, mais sa ténacité aura changé la face dumonde connu. C’est lui qui donne le nomdu saint du lendemain au cours d’eau qu’il commence à remonter – saint Laurent, donc – et qui le déclare fleuve en constatant qu’il perd sa salinité en navigant vers l’ouest. Il faut qu’il nomme l’endroit de son contact avec la terre, et choisit unmot iroquois signifiant village : Kanada . Dans unméandre du Saint-Laurent, il croit avoir enfin déniché des pierres précieuses, les envoie en France, où elles se révèlent des cailloux sans intérêt. Mais par ironie, l’endroit restera célèbre sous le nomde cap Diamant, aujourd’hui promontoire de la ville de Québec. Poussant plus loin, il s’arrête sur une île qu’il baptiseMont Royal, la futureMontréal. Nombre de cités, paysages et rivières lui doivent ainsi leur nompour la postérité. Déçu d’avoir échoué dans samission et d’avoir perdu la confiance du roi, Jacques Cartier se retire dans sa campagne de Saint-Malo et ymeurt en 1557, persuadé d’avoir visité une partie inconnue de l’Asie. Les Canadiens, eux, ne l’ont pas oublié dans leur histoire nationale. H COMME H URONS Dès leurs premières avancées au long du Saint- Laurent, les Français rencontrent les Huron-Wendat, peuple amérindien de chasseurs pacifiques et commerçants. Ça tombe bien pour des explorateurs venus, en but initial, chercher et ramener en France des peaux et fourrures, de castor en particulier. Une bonne opportunité aussi pour les Hurons, confrontés depuis des lustres à leurs adversaires héréditaires, les redoutables Iroquois, qui viennent de s’associer aux Anglais. Une histoire qui se revit à la réserveWendake dans Loretteville, village huron devenu faubourg lointain de Québec par l’extension urbaine de la capitale. Au cœur de la réserve, l’hôtel-musée des Premières Nations. On y dort dans un grand confort moderne, entouré de bois, tissus colorés et fourrures ; on y admire des pièces typiques du quotidien et de la culture des Hurons ; on y écoute des conteuses à la nuit tombée autour d’un grand feu... Les clichés des Indiens des westerns d’Hollywood sont loin. Ni grandes coiffures de plumes ni tipis pour ce peuple, mais des redingotes copiées sur celles de leurs amis français et desmaisons collectives avec couchages en étage pour chaque famille, derrière une palissade de troncs d’arbres pour se protéger des ennemis, ours et loups. Et si l’envie vous en prend, un chaman pourra vous accompagner dans la campagne restée sauvage pour y chasser lesmauvais esprits qui vous assaillent.
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