Salaünmag N°15

Salaün mag | Page 68 UN TOUR EN VILLE | Budapest vive la contagion de pest ! Le bateau nous a laissés côté Pest. Finis les escaliers et marches sportives. C’est à pas lents et nez en l’air que l’on s’engouffre sans attendre dans Váci Utca, (rue Vaci), l’emblématique voie piétonne commer- çante, cœur de Budapest. Restaurants, boutiques de souvenirs, galeries commerciales, enseignes inter- nationales, pâtisseries, cafés... jouent du charme des beaux immeubles XIX e et début XX e qui les hébergent pour séduire les passants. On s’assoie donc en terrasse d’un restaurant de cuisine locale pour regarder passer la foule bigarrée et savourer l’instant en compagnie d’un goulasch, plat national aux bonnes senteurs de paprika, servie dans une miche de pain creusée. Marrant et délicieux. La rue Vaci se meurt sur la place Voros- marty, lieu traditionnel de festivités, comme le grand marché de Noël. Sans s’attarder, en angle droit, on se faufile dans Deák Ferenc Utca, plus connue sous son surnom mérité de Fashion Street. Un temple du lèche-vitrines des plus pres- tigieuses marques de la mode et la bijou- terie, avec aucentre deux des plus luxueux hôtels de la capitale, et à pied dans la cohue, quelques-unes des plus belles femmes de l’Est. Mais déjà, sur la gauche, la silhouette de la grande roue (Sziget Eye) de la place Erzsébet fait à son tour lever les têtes. Au terme de Fashion Street, l’avenue Karoly oblige à l’arrêt : nombre d’automo- bilistes hongrois semblent s’être portés pâles lors des cours de code du permis et la traversée s’avère épique malgré la signalisation. Mais on y arrive. À gauche toute pour rejoindre l’avenue Andrassy, les « Champs-Élysées » de Budapest. Pas moins de 2,4 km d’une belle perspec- tive ornée d’arbres devant des façades baroques, viennoises, soviétiques, néo-Renaissance, Arts déco... Un joyeux melting-pot bien dans l’esprit de la ville rebelle. On passe devant l’Opéra national, lemuséede laTerreur et sa longue filed’at- tente quotidienne pour revivre les sévices du temps des nazis et du KGB, le square Franz Liszt, l’impressionnant carrefour de l’Oktogon... pour atteindre le quartier des ambassades et la fin de l’avenue, l’impres- sionnante place des Héros (Hosök tere). Au cœur de la place, s’élève une colonne de 36 mètres de haut surmontée de l’ar- change Gabriel offrant la couronne de Hongrie au roi Étienne I er . À son pied, à cheval, les sept chefs des tribus magyars fondatrices du pays. De chaque côté, des colonnades accueillant 14 des plus illustres pères de la nation. Autant dire que le monument impressionne depuis 1896, année de son érection pour célébrer les 1 000 ans de la création de la Hongrie. La place des Héros est, depuis le lieu, de tous les rassemblements (et manifes- tations) qui marquent la vie hongroise. Au quotidien, jeunes et moins jeunes aiment à s’y retrouver en fin de journée pour faire voler des cerfs-volants, avant de franchir le pont à l’arrière, porte d’entrée de Varosliget, le Bois de Ville, l’immense espace vert de la cité. Le pont enjambe un plan d’eau dédié, aux beaux jours, aux canoës et barques, et au temps froid, au patinage. L’immense aire glacée s’anime surtout la nuit sous projecteurs et musiques de techno ou de Rapsodies hongroises de Liszt. Le ballet improvisé des centaines de patineurs est un enchantement pour le regard, depuis le pont ou derrière les baies vitrées où, au chaud, se dégustent chocolats et mets raffinés. Mais le Bois de Ville, c’est aussi le château de Vajdahunyad, un zoo, des manèges, des sentiers de promenade et, bien sûr, les inestimables bains d’eau chaude de Széchenyi, à fréquenter été comme hiver. La grande roue (Sziget Eye) de la place Erzsébet.

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