Salaünmag N°15
Salaün mag | Page 58 ESCAPADE | Israël Situé à quelques kilomètres au nord-est de Nazareth, le lac de Tibériade – que l’on appelle aussi « mer de Galilée » – s’étend du nord au sud sur plus de 20 km pour une largeur maximum de 9 km. Alimenté par le Jourdain, qui descend du mont Hermon, au Liban, et le traverse avant de reprendre sa descente jusqu’à la mer Morte, le lac de Tibériade constitue la plus grande réserve d’eau douce d’Israël – une réserve menacée. L’irrigation du désert du Néguev, notamment, épuise, de manière inquiétante, le lac et le Jour- dain lui-même. Le niveau du lac a déjà baissé de plusieurs mètres. Mais à l’époque du Christ, il était véri- tablement une mer nourricière, réputée pour ses eaux poissonneuses, et ses rives accueillaient des villages pros- pères et une population importante. Cette mer de Galilée fut en fait le théâtre de l’essentiel de l’activité du Christ, qui y multiplia les sermons et les miracles. C’est là aussi, parmi les pêcheurs, qu’il recruta ses premiers disciples, qui, dans le sillage de Simon, rebaptisé Pierre, répondirent à son appel et devinrent « pêcheurs d’hommes ». C’est la rive ouest qui possède le plus de charme. On y trouve la ville la plus importante de la Galilée : Tibériade. Elle fut construite par Hérode et baptisée ainsi en hommage à l’empereur romain Tibère. Mais les traces de ce glorieux passé sont rares, tant la ville, bousculée par les tremblements de terre et par une urbanisation anarchique, s’est noyée sous le béton. Aujourd’hui, Tibériade est une station touristique très prisée et très animée, réputée pour ses cures thermales. Mais pour se remettre dans les pas de Jésus, il faut remonter vers le nord du lac, avec une première escale au kibboutz de Ginosar. Là, on peut s’em- barquer pour une promenade sur la mer de Galilée, après avoir contemplé l’épave d’un bateau de pêche datant de l’époque du Christ et de Simon- Pierre. Elle fut découverte et exhumée en 1986, parfaitement conservée dans la vase du lac. En remontant la côte, on arrive sur le site de Tabgha, où Jésus aurait accompli l’un de ses miracles les plus célèbres et les plus symboliques. Alors qu’il prêchait devant une foule immense – 5 000 personnes selon les évangélistes –, ses disciples vinrent lui demander de renvoyer la foule pour qu’elle aille se chercher des vivres. « Ils n’ont pas besoin de s’en aller, leur répondit Jésus, mais ils lui dirent : nous n’avons ici que cinq pains et deux poissons…» Ils les distribuèrent, et à la fin de la distribution, lorsque tout le monde fut nourri, il restait encore quelques pains et quelques poissons. Une église et un couvent ont été construits par des moines bénédic- tins allemands sur les ruines d’un ancien sanctuaire du iv e siècle dont les mosaïques, splendides, ont été préservées et mises en valeur. Elle sont visibles aujourd’hui et rappellent cet épisode parmi les plus célèbres de la vie du Christ. À un jet de pierre, le mont des Béati- tudes domine le lac. Une église de construction récente marque le lieu où le Christ aurait prononcé son plus long sermon – le Sermon sur la montagne –, devenu célèbre parce qu’il est partiel- lement consacré aux Béatitudes. «Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux ; heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu ; heureux les affamés et les assoiffés de justice, car ils seront rassasiés…» Ce mont des Béatitudes, au sommet duquel est implanté un très beau jardin, est un endroit paisible et agréable. À gauche : le lac de Tébériade, bien que menacé par la baisse des eaux, reste un endroit plein de charme. À droite : une église a été construite sur l’emplacement où le Christ aurait prononcé le plus célèbre de ses sermons Tibériade, LE BON COIN DE PÊCHE
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