Salaünmag N°15
Salaün mag | Page 48 DANS LES VALISES DE... | Philippe Lefebvre question — pour ce défi de deux coups de cœur , vers quelles destinations nous embarquez - vous ? philippe lefebvre — Jouons les contrastes. D’abord très loin dans les montagnes rudes du Tibet, puis à proximité, dans la douce station balnéaire de Brighton, au sud de l’Angleterre. q . — au-delà de la distance , le tibet semble un pays toujours mystérieux et un rien fermé ... p . l . — Et dépaysant au possible ! Dès l’arrivée à l’aéroport de Lhassa, la capitale, il faut s’habituer à l’altitude, quelque 4 000m, puis composer avec la guide-garde imposée par les autorités chinoises lors du visa. Le jeu fut d’abord d’échapper à sa surveillance avant qu’intelligemment, elle nous laisse la liberté d’évoluer et rencontrer les gens. Cela reste anecdotique à côté de l’émerveillement devant le palais du Potala, son temple blanc et l’autre rouge, ex-demeure du dalaï-lama. Les gens s’y activent autour des moulins à prière dans une ambiance conviviale. Tout le monde a vu des images de ce palais, mais l’avoir devant soi laisse bouche bée d’admiration. Le quartier de Barkhor est aussi incontournable. Les pèlerins y circulent en rond sous le regard de nombreux militaires armés, prêts à intervenir pour empêcher une autre immolation par le feu de partisans du dalaï- lama... le tout au milieu de multiples boutiques où tout se vend. Ici, les contraires se côtoient au quotidienplusqu’ailleurs. Onmangeplutôtmal au Tibet, mais dans des restos hyper agréables où je conseille d’éviter le burger et le thé au beurre de yak, question odeur étrange pour un Occidental. Sauf à Lhassa, au restaurant Dunya , tenu par un couple de... Hollandais. q . — et en dehors de la capitale ? p . l . — Nous avons pris la route pour Chigatse, 2 e ville du pays. Huit heures de trajet à travers des paysages de montagne splendides et lacs incroyables. Et des embouteillages incessants au milieu des troupeaux de yaks. Les pauses sont de courte durée tant il fait froid à l’extérieur du véhicule, à 5 500 m d’altitude. Dans les hôtels, la première image est l’alignement de bouteilles d’oxygène contre le mal des sommets. Ça fait bizarre au début. Ce problème d’altitude serait pour moi le mauvais côté, car, à part cela, je suis vraiment tombé amoureux de ce pays unique et de ses habitants. q . — retour au niveau de la mer pour brighton , alors ? p . l . — Et encore des surprises ! À 1 heure de Londres, Brighton n’a rien à voir avec les villes anglaises que l’on imagine. On y croise plein de gens un peu barrés, beaucoup d’étudiants et des boutiques rigolotes. Et bien sûr le Royal Pavilion que le futur roi George IV se fit construire au début du XIX e siècle pour venir y soigner sa goutte... par d’immenses banquets. De style indien à l’extérieur et chinois à l’intérieur, c’est un bâtiment complètement exotique qui laisse baba. Mon coup de cœur va aux Lanes, un immense quartier piétonnier style Harry Potter, où, au long des ruelles, se succèdent les magasins les plus improbables, du plus chic au plus surprenant, aux décors souvent extravagants et à l’accueil rare. Souvenirs, bijoux, vêtements vintage, pubs, chapelier... on trouve de tout ici, dans un labyrinthe où l'on pourrait consacrer une journée par rue. Impossible de ne pas s’arrêter au Choccywoccydoodah, une chocolaterie au nom imprononçable mais une tuerie côté gourmandise pour tout amoureux du chocolat sous tous ses formes. Le chaud aux épices, pour moi. q . — brighton est tout de même une station balnéaire , non ? p . l . — En sortant des Lanes, on arrive justement sur le bord de mer, célèbre pour sa jetée avec manèges. La plage est de galets mais très vivante, avec ses baraques familiales et ses loueurs de vélos pour profiter des belles pistes cyclables. Un peu d’exercice qui ouvre l’appétit, et, donc, la pause s’impose près de la Manche au Melrose, qui sert le meilleur fish and chips de toute l’Angleterre. Ça, c’est aussi un plaisir balnéaire ! 1.
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy NzU3MjIw