Salaünmag N°15
Salaün mag | Page 37 GRAND ANGLE | Japon Vue panoramique d’Hiroshima. 日 本 Au San’Yo, on retrouve nombre des charmes de la tradition entrevus au San’In, mais en moins rural et plus méridional, en particulier dans la préfec- ture d’Hiroshima, tournée vers la mer intérieure de Seto, qui la sépare de Shikoku, une des autres îles majeures du Japon. Avec 1,2 million d’habitants, Hiroshima est l’unique vraie métropole de la région du Chugoku. Moderne, forcément moderne depuis un certain 6 août 1945 qui en fit le centre du monde lors de sa destruc- tion par la première bombe atomique. Seul vestige conservé de la ville d’avant, le dôme de Genbaku dresse toujours sa carcasse aubordde la rivièreOta, à deux pas du parc duMémorial de la paix. Dès le lendemain de la catastrophe nucléaire, Hiroshima s’est voulue symbole de la dénonciation de l’atome militaire et de toutes les guerres. Au-delà de son histoire personnelle, la ville milite pour la connaissance et l’amitié entre les peuples. Mais il ne faut surtout pas croire qu’Hiroshima serait une cité triste, loin de là. La vie y est colorée, joyeuse, branchée et industrielle, avec, entre autres, le siège des automobiles Mazda. Son château médiéval s’élève encore en son centre historique pour marquer la tradition... mais c’est bien sûr une reconstruction à l’identique en un béton discret à la fin des années cinquante. Les premières rues redessinées, cernées mainte- nant de tours d’affaires, accueillent de petits restau- rants conviviaux et surtout de sympathiques bars à saké. Attention, pas le tord-boyaux servi dans des gargotes asiatiques en France, mais l’authentique saké japonais, titrant seulement de 15 ° à 18 ° d’al- cool, élaboré par des brasseurs et servi au comptoir depuis de grandes bouteilles de 1,8 litre. C’est alors que l’on apprend qu’Hiroshima est la capitale nationale, et donc mondiale, du saké, ou plutôt des sakés, tant il en existe de variantes par leur parfum, leur goût plus ou moins acidulé, fort ou sucré, et le moment de les savourer. La dégustation (avecmodération) se transforme vite enunmoment d’échange cordial avec les autochtones... Pour un bol d’air, la tour Orizuru invite à rejoindre son roof top . Lamontée se fait en ascenseur jusqu’à une plateforme de parquet, surmontée d’un toit pour l’ombre, et là, une vue complète s’offre sur la ville, du dôme tout proche aux parcs verts, poumons de la métropole. Pour redescendre, on peut choisir le toboggan étage par étage ou les larges marches, prolongeant par des baies vitrées les regards sur Hiroshima, alors forcément «mon amour ».
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