Salaünmag N°15

Salaün mag | Page 25 GRAND ANGLE | Japon Depuis Kansai, l’aéroport d’Osaka, un transfert par car vers le San’In permet un premier contact avec un Japon traditionnel lors d’une pause dans la préfec- ture de Hyogo, à Himeji, pour le château du Héron blanc, le plus grand du pays, classé Trésor national et inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Un des rares aussi, avec un donjon exceptionnel, à être dans son état initial du XIV e siècle, l’habitude étant au Japon de déconstruire régulièrement les édifices prestigieux pour les refaire à l’identique, évitant ainsi les restaurations coûteuses de vieillissement. Devant tant de majesté, on se demande comment le San’In, notre destination, va pouvoir rivaliser. Un doute effacé en un instant à l’arrivée à Tottori, chef- lieu de la préfecture qui porte son nom. Dans la ville de 180 000 habitants, règne une sérénité sonore surprenante pour un Occidental. Il est interdit aux automobilistes de klaxonner, les rues disposent d’un revêtement anti-bruit oùcirculent de petites voitures cubiques – pour optimiser l’habitacle et automa- tiques, pour alléger freinages et accélérations intem- pestives aux feux qui donnent priorité aux piétons. Cette sérénité, on la retrouve tout autour de Tottori. À l’est en rejoignant la côte d’Uradome, où un bateau de pêche propose, sur une belle eaubleue, un tour du littoral et d’îlots déchiquetés, percés par des millé- naires d’assauts de la mer du Japon. Avec souvent au sommet un pin solitaire. Un rien de Bretagne. Capalorsà l’ouestpour lepaysage inverse : lesdunes de Tottori, immensité de sable réputée bien au-delà des frontières du pays, sur lesquelles on s’amuse à l’escalade pour atteindre un horizonmaritime splen- dide ou à une randonnée à dos de chameau, tel un Lawrence d’Arabie d’Orient. Et dans le même esprit, ou presque, on chevauche une balancelle à ombrelle pour survoler la route passante qui longe les dunes et atterrir sur le parking du superbemusée du Sable. Les paradoxes ne s’arrêtent pas là. La route au sud de Tottori vers le Mont Mitoku laisse place à la forêt intense, où chantent des dizaines de ruisseaux, vers l’ascension en direction du temple Nageiredo. Randonneurs du dimanche s’abstenir. Au départ, on vérifie vos chaussures et on vous offre une paire de gants râpeux. Il faudra bien une heure et demie pour rejoindre l’étonnant temple, accroché comme par magie à la falaise, après avoir surmonté des rochers, des passages dans le vide, s’être accroché à des chaînes ou des racines pour franchir des abrupts. Un parcours qui serait interdit en France par principe de précaution. Le retour au plancher des vaches est promesse d’enfin souffler dans un onsen àMisasa, station ther- male réputée pour ses nombreuses sources d’eaux chaudes dans le lit de rivières, dans les caves des maisons et des hôtels. Merci, les volcans. San '  In, phare de la mer du Japon Côte d’Uradome 1. Entrée du musée. 2. Vision générale avec, au premier plan, une statue géante de Gandhi, et au fond le Taj Mahal. 3. Hommage aux bouddhas géants de Bamiyan en Afghanistan, détruits à l’explosif en 2001 par les talibans. 4. Tous les héros du “ Livre de la jungle ” de Rudyard Kipling réunis en une seule fresque.

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