Salaünmag N°15
Salaün mag | Page 22 Le San’In regroupe les préfectures de Tottori et Shimane, et un total de 1,2milliond’habitants, tandis que leSan’Yo s’organise autour de celle d’Hiroshima, pour 2,8 millions de résidents. Deux détails dans l’immensité japonaise de 127millions d’âmes. On retrouvera ici les images qui identifient le Japon aux yeux du reste de la planète : une politesse infinie, une maîtrise des émotions, des volcans enneigés, des cerisiers en fleurs, une propreté à dîner par terre, une passion des adolescentes pour le cosplay et des adolescents pour les mangas, de drôles de petites voitures cubiques, une effervescence de plats à table, des jardins d’eaux et de carpes, des chaussures alignées au seuil des maisons et leurs habitants en socquettes blanches avec sépara- tion pour le gros orteil, des portiques au devant des temples, une viande d’une tendreté inégalable sur mini-plancha personnelle et des poissons à manger cru, des mers bleues saupoudrées d’îlots sauvageons, une ferveur shinto à claquements de mains, des maisons de thé, des rues marchandes piétonnes sous toitures pointues, des passages piétons en diagonale des carrefours, des bars à saké de la taille d’une salle de bain, les petits pas des femmesdrapées enkimonos joliment bigarrés... Sauf que dans le San’In, tout est amplifié et, mieux, plus lent. On y est moderne mais à l’aune de la tradition. La frénésie des gratte-ciel, très peu ; la curiosité et l’empathie envers l’autre, beaucoup. Les paysages préservés, les rizières de plaine, les sommets de neige n’ont pas laissé le pouvoir être pris par les alignées de distributeurs automatiques, de poubelles de tri très sélectif ou d’enseignes au néon. Chacun, le moderne et le traditionnel, a sa place pour l’harmonie entre tous entretenue par des générations depuis des temps immémoriaux. Sauf que dans le San’Yo, on sait ce qu’a signifié le modernisme de la moitié du XX e siècle : une bombe, unmatind’août 1945sur Hiroshima, ena fait,malgré elle, la ville au nom le plus connu au monde. La cité s’est redressée, sans ses habitants, pour n’être plus jamais comme avant. Un coup de train, puis de ferry et voici Miyajima, l’île sacrée de la religion shintoïste. Il y est interdit de naître, demourir et de couper des arbres. Donc nous nous y rendrons. San ’ In, San ’ Yo Les deux versants de la montagne Le cœur de la pointe sud-ouest de l’île d’Honshu, le Chugoku, à 650 kmdeTokyo, se partage en deux entités principales : côtémer du Japon, San’In, et côtémer intérieure, San’Yo. Entre elles, lamontagne « San », son versant à l’ombre « In » et celui ensoleillé « Yo ». À elles deux, c’est un Japon authentique à l’hospitalité généreuse, loin des clichés desmégapoles nippones, qui se découvre. En haut : les somptueux jardins de Yuushien Park, sur la lagune Nakauni. En bas : A Hiroshima, on apprécie plus qu’ailleurs le goût de la paix.
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