Salaünmag N°15
Salaün mag | Page 127 S ur le port de commerce de Brest, c’est déjà une tradition. Depuis 2014, chaque année, au mois de mai, en milieu de journée, un autocar Royal Class s’élance vers l’Orient. A son bord, des passionnés de voyage issus d’hori- zons très différents. Et pour les saluer, un public fasciné : les pointillés qui repré- sentent le trajet sur l’aile du car titillent les sens et réveillent l’attrait universel qu’ont les hommes pour l’ailleurs, l’inconnu, le lointain. Pourtant, pour les quatre conducteurs et les deux guides qui accompagnent les passa- gers de la croisière routière, sans oublier les six guides russes et mongols qui se succèdent à bord tout au long du voyage, ce dernier est tout sauf une aventure impro- visée. En 2014, 2016 et 2017 et 2019, ils ont déjà amené à bon port plusieurs dizaines de voyageurs, de Brest à Vladivostok. un voyage hors norme «C’est un voyage hors-norme, par sa durée, sa longueur et par sa richesse », explique Luc Le Saos, concepteur de ce voyage à la demande de Michel Salaün, président du Groupe Salaün. C’est pour réaliser un rêve de jeunesse, relier l’Atlantique au Paci- fique en voiture, que ce dernier a imaginé des grands raids en 4x4 puis un voyage en autocar à travers la Russie. « Il est à la fois totalement hors du commun et organisé dans les mêmes conditions que tout autre circuit en termes de confort, d’hôtellerie, de visites, ou de guidage », poursuit Luc Le Saos. Nul autre voyage ne permet de découvrir de manière aussi profonde l’in- croyable diversité géographique, humaine et culturelled’unpays immensequi compte 145 millions d’habitants. un menu copieux Au programme, la Russie européenne et ses merveilles architecturales, dont celles deMoscou et Saint-Pétersbourg, mais aussi la fabuleuse région de l’anneau d’Or, dotée d’un patrimoine ancien qui éblouit ceux qui ont la chance de découvrir Souzdal, Iaroslavl ou encore Seguiev Possad. Achaque édition, les participants évoquent leur surprise en découvrant la modernité et le dynamisme des grandes villes russes, malgré les traces de l’ère communiste. Et pour certains, leur émotion en décou- vrant les lieux de mémoire dédiés à la famille Romanov à Ekaterinbourg. C’est tout près de cette ville, au passage de la frontière de l’Oural, célébré par un verre de « Champagnska », que le car quitte la Russie européenne. En Sibérie, après avoir entrevu les rails et les gares du mythique transsibérien, à Omsk ou à Novossibirsk, les voyageurs quittent l’autocar à Krasnoïarsk pour emprunter ce train mythique et vivre, au terme d’une journée sur les rails, le moment le plus attendu de ceux qui traversent la Russie en train : l’arrivée à Irkoutsk. Ils sont alors à un jet de pierre du fameux lac Baïkal, en terre bouriate, qu’ils découvrent depuis ses berges et en bateau. A Oulan Oude, le car quitte temporairement la Russie pour découvrir une partie de la Mongolie avant de retrouver le cours du fleuve Amour. C’est cet autre fil tendu entre les peuples qui les conduira jusqu’à Vladivostok en effleurant délicatement la frontière chinoise. Longtemps fermée aux étrangers, Vladivostok n’est pas seulement la dernière étape du voyage et le terminus du mythique transsibérien, c’est aussi l’étape la plus asiatique du voyage. En haut de la colline du nid de l’aigle, les participants à la croisière routière saluent pour la dernière fois le Bosphore oriental et la Corne d’Or, qui ouvrent la ville sur le Pacifique. Sous leurs pieds, le majestueux pont de l’île Rousski. Dans le ciel ou dans les yeux, les étoiles qui les ont menés à bon port. Moins rouges que par le passé, mais tout aussi brillantes. ACTU
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