Salaünmag N°15

Salaün mag | Page 12 ANNIVERSAIRE | Magellan l y a cinq siècles, alors que les Amériques venaient tout juste d’être « découvertes » par les Espagnols et que les Portugais avaient contourné l’Afrique pour atteindre les Indes, une poignée d’hommes, menée par Fernand de Magellan, se lançait, en 1519, dansune extraordinaire épopée afin de rejoindre, pour la première fois, l’Asie en naviguant par l’ouest et en espérant contourner l’Amérique du Sud. Seule une poignée d’entre eux est parvenue à réaliser cet exploit. Comme de nombreux autres voyageurs de la Renais- sance, ils étaient partis pour l’aventure, par goût du voyage et des horizons loin- tains. Ils étaient aussi très motivés par les promesses de richesses, grâce au commerce des épices. Auteur de la biographie de Magellan, Stefan Zweig a écrit : « Au commence- ment étaient les épices. Du jour où les Romains, au cours de leurs expéditions et de leurs guerres, ont goûté aux ingré- dients brûlants ou stupéfiants, piquants ou enivrants de l’Orient, l’Occident ne veut plus, ne peut plus se passer d’ “ espi- ceries ” dans sa cuisine ou dans ses offices. » Ce voyage de Magellan à la tête d’une flotte espagnole est toujours considéré comme l’un des plus grands exploits maritimes de l’histoire de l’Humanité. Le continent antarctique était encore inconnu, mais sonmeneur semblait pour- tant savoir où il allait. Contesté, l’histo- rien britannique Gavin Menzies a avancé que Magellan avait eu connaissance de cartes chinoises vieilles d’un siècle. L’Em- pire du Milieu envoya en effet plusieurs grandes expéditions dans les années 1410-1420, avant de se fermer au monde à partir de 1421. un portugais au service de l ’ espagne Curieux personnage en tout cas que ce Magellan. Au service du roi de Castille, Charles Quint, il était né dans le royaume voisin et rival du Portugal vers 1480. Depuis le début du xv e siècle, les Portu- gais avaient patiemment développé une route maritime vers les Indes, atteintes par Vasco de Gama en 1498. Ils ont dépassé le cap de Bonne-Espérance avant de remonter la côte d’Afrique de l’Est, puis traversé l’océan Indien. Cette route permettait de contourner l’Em- pire ottoman, désormais fermé aux Occidentaux, et de s’approvisionner en épices asiatiques, dont les Européens raffolaient. Originaire de la région de Porto et d’une vieille lignée, les Magalhães, Magellan fait partie d’une première expédition vers l’Inde en 1505. Il participe à la prise de Malacca en 1511. Quelque temps plus tard, son ami Serrão atteint lesMoluques, l’archipel où l’on récolte notamment les clous de girofle, une épice qui atteint des prix astronomiques en Europe, et les noix demuscade. Revenu au Portugal en 1513, Magellan étudie les archives portugaises et de nombreuses cartes. Or, certaines d’entre elles semblent indiquer qu’il existe un passage vers l’ouest, en dessous du Brésil, que les Portugais commencent à coloniser. De quoi attiser les ambitions d’un marin bloqué dans son ascension par le roi Manuel, qui semble l’avoir pris en grippe. I Le 10 août 1519, Magellan quittait Séville avec l’objectif d’atteindre les Molluques et de réaliser un tour du monde. Tué aux Philippines, il ne bouclera pas cette première circumnavigation, dont l’honneur reviendra à son second. Mais en ayant découvert, au cours de ce périple, le détroit qui porte son nom, le capitaine portugais entrera dans l’histoire comme le plus navigateur de tous les temps. Fernand de Magellan

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