Salaün Magazine 14
Salaün mag | Page 70 UN VIEUX PAYS EN PLEIN RENOUVEAU Ancienne république de l’ex-URSS, indépendante depuis 1992, l’Ouzbékistan s’est jouée de la géographie qui la tenait coupée de l’accès à la mer par un double rideau de nations de nomades. Peuple sédentaire, lui, de 32millions d’âmes, les Ouzbeks ont connu à travers leur histoire toutes les invasions de conquérants souvent cruels, d’Alexandre le Grand aux Soviétiques en passant par les Ottomans ou les Mongols. Mais ils ont toujours fini par affirmer leur culture et leur art du commerce, par cette géographie qui faisait d’eux la voie terrestre la meilleure pour les caravanes chamelières de la route de la soie. Pendant des siècles, on en a vu passer du monde à travers l’Ouzbékistan ! Et dans les deux sens. De la rencontre avec d’autres cultures, sont nées une convivialité et une curiosité de l’extérieur des frontières qui s’expriment aujourd’hui dans un islam très tolérant et une alphabétisation à 100% de la population, où chacun parle trois ou quatre langues. Depuis près de trois ans, un nouveau pouvoir à Tachkent, la capitale, a engagé d’importantes réformes : convertibilité du sum, la monnaie du pays, signatured’accordsavec les troisgrandespuissances planétaires – États-Unis, Chine et Russie – afin de préserver son indépendance, accélération de la restauration du patrimoine touristique et de l’offre hôtelière, suppression de visas pour 49 pays, dont la France à l’automne dernier... À Boukhara, Samarcande et Tachkent, oasis devenues villes, les caravansérails (hôtels des caravanes), medersas (écoles coraniques), mosquées, mausolées, marchés, places... fascinent les visiteurs par leurs expressions de puissance et de sens artistique à la fois, reflets d’époques de grande prospérité, comme sous le règne de Tamerlan (1336- 1405). L’Ouzbékistan du xxi e siècle ne demande qu’à partager ce patrimoine déjà largement classé par l’Unesco.
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