Salaün Magazine 14
Salaün mag | Page 45 UN TOUR EN VILLE | Milan Pour le plaisir de la rencontre avec les portraits, les bustes, les instruments de musique… des plus grands ténors ou sopranos, compositeurs et chefs d’or- chestre, nous confirmons tout demême. En haut du premier escalier, alors que s’ouvre là une exposition consacrée à Rossini, un homme empressé et tout sourire se précipite au devant de nous. « Vous auriez aimé voir la salle ? - Bien sûr - Alors au lieu de visiter l’expo main- tenant, prenez la première porte à gauche en vous dépêchant : l’équipe technique fait une pause-café et a allumé la salle pour quelques minutes ! ». Nous nous précipitons et c’est alors un grand silence qui nous imprègne en entrant dans une de ces si réputées loges de la Scala. La grande scène est face à nous, la fosse d’orchestren’attendquesesmusiciensen pingouin, les tentures et fauteuils rouges semblent au garde-à-vous dans l’attente des spectateurs, la lumière incandes- cente qui précède une représentation nous découvre tout l’espace… L’instant est magique, et c’est le regard étincelant que l’on peut ensuite au musée présenter nos hommages à Caruso, Maria Callas, Verdi, Puccini, Toscanini et consorts. en mode bel canto Pas de temps à perdre, à gauche toute pour rejoindre la proche Via Monte Napoleone. On n’est pas chauvin, mais le Corse à bicorne latéral a laissé sa trace partout dans la ville. Cette rue ceinture le Quadrilatero d’Oro, le quartier investi par lesgrands créateursdemode. Derrière les vitrines scintillantes, un portier pour l’ac- cueil des dames descendant de grosses berlines allemandes. Bienvenue chez Versace, Gucci, Prada, Dolce & Gabbana, Armani, Fendi, Rinaldi… Ils sont tous là depuis la fin des années soixante-dix, qui a vu Milan supplanter Florence dans la fashion transalpine, puis Paris dans l’influencemondiale. LÉONARD DE VINCI A LE CODE Le 2mai 1519, Léonard de Vinci mourait à Amboise (Indre-et-Loire). Les 500 ans de sa disparition feront l’objet demultiples hommages à travers la planète, en particulier en Italie et en France, tout au long de cette année, tant le natif de Vinci (Toscane) a marqué l’histoire de l’Humanité. Peintre, scientifique, inventeur, anatomiste, metteur en scène, sculpteur, urbaniste, musicien, hydrologue, philosophe, architecte, botaniste ou écrivain, il est le symbole de la Renaissance et de ses valeurs humanistes. Il a 30 ans quand les Sforza l’invitent àMilan. De 1482 à 1500, il y épanouit en grand tous ses talents. On lui donne à revoir les plans du Duomo pour qu’il puisse atteindre samajesté, il gère les canaux indispensables au développement de la ville, il peint La Cène , une de sesœuvresmagistrales sur lemur du réfectoire du couvent de l’église SantaMaria delle Grazie... C’est aussi àMilan qu’il imagine des objets impensables : l’hélicoptère, le scaphandre, le vélo, lamitrailleuse, le ballon gonflé, l’irrigation contrôlée... Dans sa ville d’adoption, la bibliothèque Ambrosienne héberge le Codex Atlanticus , recueil de ses dessins et notes en 12 volumes et 1119 feuillets, volé en 1796 par les troupes françaises et restitué en 1815 à la chute de Napoléon. Avant même son arrivée en France, Léonard entretiendra une correspondance assidue avec une de ses admiratrices, alors duchesse deMilan en titre, Anne de Bretagne.
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